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18:22 27 mars 2014 | mise à jour le: 27 mars 2014 à 18:22 Temps de lecture: 5 minutes

Enjeux montréalais: Un toit pour tous

Dans une ville où plus de 65% des ménages sont locataires et où plusieurs organismes communautaires appellent à plus d’investissements dans le logement abordable, les partis politiques sont partagés entre le réalisme et les ambitions.

Stephane-LebouyoneneL’équilibre budgétaire avant tout
Stéphane Le Bouyonnec, La Prairie
Coalition avenir Québec (CAQ)

La Coalition avenir Québec (CAQ) reconnaît que la création de nouveaux logements sociaux ne fait pas partie de son programme.

«Nous sommes le seul parti qui propose un retour à l’équilibre budgétaire dès l’an prochain. […] Évidemment, ça laisse moins de place à d’autres projets ou programmes de nature sociale», reconnaît Stéphane Le Bouyonnec, candidat dans La Prairie.

Dans son projet Saint-Laurent, un programme de 16,6G$ sur 4 ans qui vise l’aménagement des berges du fleuve, la CAQ indique toutefois qu’un volet résidentiel sera intégré, en plus de mêler le commercial et l’institutionnel. Le type des immeubles résidentiels n’est pas précisé.

M. Le Bouyonnec pense également aux propriétaires. «Oui, il faut protéger les locataires contre les hausses de loyer, mais il faut aussi protéger les propriétaires contre les locataires qui profitent. Ils devraient avoir accès à des recours plus resserrés contre les locataires qui ne paient pas leur loyer», indique Stéphane Le Bouyonnec.

L’idée de création d’un registre national des baux rebute présentement la CAQ en raison de l’impossibilité d’évaluer les coûts qui y sont liés.

Véronique_FournierLe logement abordable dans la mire
Véronique Fournier, Saint-Henri-Saint-Anne
Parti québécois (PQ)

Dans sa nouvelle politique d’habitation, le Parti québécois (PQ) vise la construction de 15000 logements abordables au cours de 5 prochaines années, dont 7500 à Montréal.

«On veut également doubler le nombre de logements sociaux – de 250 à 500 – dédiés aux personnes en situation d’itinérance. C’est un geste historique», souligne Véronique Fournier, candidate dans Saint-Henri–Sainte-Anne.

Mme Fournier croit également que des changements législatifs doivent être apportés pour influencer la typologie des logements de Montréal et ainsi retenir les familles dans la métropole.

«Actuellement, les municipalités ne peuvent pas obliger les promoteurs à faire trois ou quatre chambres à coucher, par exemple, dans une construction, déplore Mme Fournier. La politique d’habitation rendrait également obligatoire l’inclusion de logement social et abordable dans de grands projets immobiliers.»

Le PQ s’engage également à «regarder la faisabilité» de la création d’un registre national des baux.

Mme Fournier soutient que son parti s’engage aussi à accroître ses efforts pour libérer des terrains pour la construction de logements abordables.

Jean RoussellePoursuivre sur sa lancée
Jean Rousselle, Vimont
Parti libéral du Québec (PLQ)

Le candidat libéral dans Vimont, Jean Rousselle, assure que son parti reconnaît qu’il y a un besoin réel en matière de logements sociaux et qu’il faut augmenter leur nombre. Le Parti libéral du Québec (PLQ) souhaite garder la tendance qu’il a amorcée.

«De 2003 à 2012, nous avons fait une construction record de 35000 nouveaux logements sociaux, communautaires et abordables», indique M. Rousselle, qui veut continuer à investir au même rythme. Toutefois, le candidat précise que la priorité du PLQ est actuellement de relancer l’économie.

M. Rousselle regrette que le Parti québécois (PQ) ait coupé «15G$ dans le programme d’infrastructures du Québec».
«Nous voulons redonner ce montant au programme, et dans ces infrastructures, il y a aussi un volet logements sociaux. On tient aussi à entretenir ceux qui sont déjà construits», précise le candidat libéral.

Le nombre de plus en plus grand d’immeubles locatifs transformés en propriétés indivises «doit être étudié de très près». «En modifiant l’immeuble, les gens sont obligés de déménager, ce qui est regrettable. Mais il faut aussi trouver une solution qui puisse accommoder les propriétaires qui veulent améliorer leur sort», précise M. Vimont.

Manon MasséLe logement social prioritaire
Manon Massé, Sainte-Marie–Saint-Jacques
Québec solidaire (QS)

«Pour Québec solidaire (QS), c’est clair que le logement social est une des priorités», lance d’emblée Manon Massé, candidate dans Sainte-Marie–Saint-Jacques. Le parti s’engage à autoriser la construction de 50000 nouveaux logements sociaux à l’échelle du Québec, dont 22500 à Montréal, au cours des 5 prochaines années.

«Nous voulons même relancer la construction de HLM. Il n’y a pas eu de construction de ce genre depuis 1993. Pourtant, 23000 personnes attendent», ajoute Mme Massé.

Pour financer ces nouvelles constructions, QS prévoit aller chercher l’argent «dans les redevances minières, dans les évasions fiscales, dans la taxation des entreprises et des institutions financières», indique Manon Massé.

QS estime que la création de Pharma-Québec permettrait au gouvernement d’économiser plus de 2G$ par année.

La candidate solidaire regrette que certains propriétaires contournent le moratoire qui empêche la transformation de logements locatifs en condominiums.

«Il y a une multitude de familles qui ont dû quitter ma circonscription à cause de la pression à la hausse que ces condos imposent sur le compte de taxes», regrette la candidate.

À suivre:
Cette semaine, Métro aborde cinq thèmes, sous un éclairage montréalais, avec des candidats des quatre principaux partis de la campagne électorale provinciale.

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