Toutes les responsables de garderies déplorent la lenteur des négociations
Même si elles n’envisagent pas pour le moment de faire la grève, les 2000 responsables de garderies en milieu familial affiliées à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) adressent au gouvernement des critiques similaires à celles de leurs 13 600 consoeurs de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) qui débrayaient lundi.
«Les négociations se déroulent de façon courtoise, une fois par semaine, mais trop lentement à notre goût, a exprimé Lucie Longchamps, représentante des responsables en services de garde à la CSN. Nos vis-à-vis n’ont pas tous les mandats nécessaires pour répondre à nos questions et régler les questions salariales.»
Elles lancent essentiellement le même message que les travailleuses de la CSQ. Tant que les négociations suivent leur cours, elles n’ont toutefois pas l’intention de faire la grève. Les travailleuses de la CSN pourraient par contre enclencher d’autres moyens de pression à court terme, selon ce que les membres décideront prochainement. Les travailleuses des deux syndicats sont dépourvues de conventions collectives depuis novembre dernier.
La ministre de la Famille Francine Charbonneau a critiqué, lundi, les travailleuses de la CSQ, mettant en contraste les attitudes différentes des deux syndicats. «La CSN semble trouver que les choses vont relativement bien», a-t-elle fait remarquer. Elle a d’ailleurs souligné que les négociations se poursuivent, la prochaine rencontre avec la CSQ étant prévue mardi. «À partir du moment qu’on avance, même si ce n’est pas à la vitesse désirée, les moyens de pression ne sont pas nécessaires», a affirmé Mme Charbonneau.
Mais la CSQ n’est justement pas d’avis que les négociations avancent. «Ce n’est pas parce qu’on se présente aux tables qu’il y a de la vraie négociation, a déclaré Kathleen Courville, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ). Présentement, il n’y a rien de concret sur la table.»
Les responsables de services de garde de la FIPEQ-CSQ demandent notamment que soit instauré un processus de règlement des litiges avec les bureaux coordonnateurs, qui agissent un peu comme un patron en gérant l’octroi des places et en vérifiant la conformité des lieux. «Certains responsables de garderies reçoivent des contraventions farfelues et injustifiées, mais elles n’ont aucun recours pour les contester», a affirmé Mme Courville.
Elles demandent aussi que toutes leurs heures travaillées soient reconnues. Elles reçoivent présentement le même salaire que les éducatrices des centres de la petite enfance qui travaillent 35 heures par semaine alors qu’elles jugent passer en moyenne plus de 50 heures à garder des enfants. «C’est sans compter le temps que l’on investit dans la préparation des repas et du matériel éducatif et dans l’entretien des lieux», a expliqué Mme Courville.
Mme Courville assure que les responsables de garderies ont été tenus d’avertir les parents au moins 15 jours en avance afin que ceux-ci puissent se trouver un plan B lundi. Elle estime aussi que la FIPEQ-CSQ limite les effets négatifs sur les parents en tenant sa journée de grève l’été, puisque plusieurs d’entre eux sont en vacances. La FIFEQ-CSQ a un mandat pour effectuer deux journées de grève. La deuxième de ces journées n’est toujours pas à l’horaire.
Avec La Presse Canadienne