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L’assurance-emploi serait-elle mieux gérée par Québec?

Parce que le gouvernement fédéral a failli à ses responsabilités, le Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC) demande le rapatriement de l’assurance-emploi.

Les travailleurs qui se retrouvent au chômage pour la premières fois apprennent souvent avec surprise qu’ils ne sont pas admissibles à l’assurance-emploi, même s’ils ont cotisé toute leur vie.

Le programme fédéral est devenu arbitraire et mal administré, selon le CNC qui a interpelé la classe politique du Québec, dimanche, afin que cette compétence relève dorénavant du gouvernement du Québec.

Depuis 1989, le ratio prestataires/chômeurs a diminué passant de 85% à 49% en 2010. Certains doivent attendre jusqu’à deux ou trois mois pour obtenir une décision sur leur admissibilité.

L’ex-actuaire en chef du Programme d’assurance-emploi de 1990 à 2003, Michel Bédard, appuie le CNC dans cette démarche. «Il a vu toute la game et maintenant qu’il est à la retraite, il parle», a dit Pierre Céré, porte-parole du CNC.

La «game» étant d’imposer les compressions dans le régime d’assurance-emploi et des règles d’admissibilité établies pour exclure un bon nombre de travailleurs, soutient le CNC. De plus, l’argent des cotisations des travailleurs ne sert pas uniquement à la caisse assurance-emploi. Près de 60 G$ auraient ainsi été «détournés», selon le CNC.

Michael Ignatieff avait d’ailleurs plaidé en faveur d’une réforme du programme en 2009, alors qu’il était chef du parti libéral.

Pierre Fortin, économiste présent dimanche aux côtés du CNC, croit qu’un transfert au gouvernement provincial permettrait d’adapter le programme aux besoins des Québécois. Le Conseil avance l’idée d’un régime québécois dont la caisse serait gérée par un organisme indépendant.

Et en éliminant les dédoublements administratifs entre les gouvernements fédéral et provincial et en modernisant la gestion du programme, le CNC est convaincu que le Québec a les moyens de mettre en place ce régime.

M. Céré précise que leur démarche n’est pas un débat sur la souveraineté et l’unité canadienne. «Ce n’est pas la question, le but est de donner des outils au Québec pour qu’on s’occupe de nos affaires», a-t-il poursuivi.

La loterie de l’assurance-emploi
Le nombre d’heures requis pour avoir droit aux prestations varie en fonction du taux de chômage par région. «On a vu le cas de deux travailleurs qui avaient le même employeur et ont travaillé le même nombre d’heures. L’un vivait à Mirabel, rattachée à la région de Montréal, et l’autre de Lachute, rattachée au Centre-du-Québec. L’un avait droit à l’assurance-emploi et l’autre non», a expliqué M. Céré.

Le taux de chômage à travers les provinces canadiennes en 2010

1. Terre-Neuve-et-Labrador : 15,6%
2. Île-du-Prince-Édouard : 11,4%
3. Nouvelle-Écosse : 9,2%
4. Nouveau-Brunswick : 8,8%
5. Québec : 8,4%
6. Ontario : 9,1%
7. Manitoba : 5,3%
8. Saskatchewan : 4,8%
9. Alberta : 6,9%
10. Colombie-Britannique : 7,9%
11. Territoires du Nord-Ouest : 7,1%
12. Yukon : 7,8%
13. Nunavut : 13,2%

Source : Rapport de contrôle et d’évaluation 2010 – Assurance-emploi, Commission de l’assurance-emploi du Canada, Ministère du Développement des Ressources humaines et Développement des compétences Canada

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