Rambo dans le ghetto
Il fut un temps où un match des Alouettes sans bagarre dans les estrades, c’était comme une journée sans soleil.
La chicane pognait habituellement vers la fin du 3e quart ou après la 12e bière, c’était selon. Les volontaires s’échangeaient des regards mauvais et pif-paf-pouf, ils déboulaient jusqu’au bas de l’escalier. Des numéros de danse contact comme ça, on en a vu des dizaines de fois. C’était avant, il y a très longtemps. On était jeunes, fous, et les amateurs de football étaient généralement saouls…
Aujourd’hui, on ne voit plus de ces comportements dignes du Cro-Magnon. Les estrades du stade Percival-Molson sont bondées d’enfants, de femmes et de gars pas trop imbibés. Alors, pourrait-on m’expliquer pourquoi des gardes de sécurité habillés en tenue de SWAT sont en service lors des matchs des Alouettes? Pas de farce. Les bottines de combat, les gants antiseringues, ils portent même des gilets pare-balles! Ne manque plus que les dobermans,
ma foi… Coudon, on est où? Dans une réunion du G20? La firme chargée du contrôle de la foule semble avoir un problème de perception majeur quand elle ne fait pas la différence entre une présence dissuasive et l’intimidation pure et nette. Cette mascarade est à la fois ridicule et agressante. Et surtout, en accord avec une certaine mentalité qui domine souvent dans le milieu.
Trop longtemps, les agences de sécurité ont été des refuges pour des justiciers manqués qui se tapaient un powertrip pour calmer leurs ardeurs de redresseurs de torts sans cause et sans diplôme. Une nouvelle loi encadrant l’industrie de la sécurité privée est entrée en vigueur la semaine passée. Ainsi, les divers agents et autres portiers de bar devront dorénavant présenter des dossiers criminels vierges afin d’occuper un poste. C’est parfait comme ça. Cela étant réglé, l’industrie devrait maintenant procéder à un autre type de changement. Plus profond celui-là.
Il y aurait tellement plus brillant à faire que de nous envoyer des Rambo de parade pour nous impressionner!
? ? ?
Vu : le film Cabotins, d’Alain Desrochers, avec Rémy Girard, Pierre-François Legendre, Gilles Renaud et plusieurs autres de nos grosses pointures. Analyse courte : vous aurez beau compter sur un casting de catégorie AAA pour obtenir votre financement, la faiblesse de votre scénario finira toujours par vous rattraper. Appréciation encore plus courte du film : c’est épouvantablement ennuyant.
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.