Du pire au meilleur
La campagne électorale vient à peine de commencer que la chicane a repris de plus belle au PQ. Y’a pas à dire, pour s’entredéchirer, les péquistes resteront toujours les maîtres. Sauf que là, avec le débarquement des Patriotes version 2008, on a droit à une démonstration qui tient du délire. Ne manque plus que la pipe en plâtre au bec et la tuque rouge, blanche et verte. Déconnectés, vous dites? Pas à peu près. Rigolos? Pas vraiment. Plutôt ahurissants à mon humble avis. Et parfaits symboles du malaise qui règne plus que jamais au sein de cette formation.
Au PQ, le problème va en empirant. Entre les souverainistes modérés et les indépendantistes intransigeants, entre les militants de la base et les mieux nantis – c’est le parti qui a dit que Pauline était snob, pas moi -, il n’y a plus aucun lien qui tienne. Les énergies de chacun semblent davantage consacrées à contrer celui qui ne pense pas exactement comme lui. Comme si «la cause» avait changé de place.
L’apparition de ce groupe de «nationaleux» est la troublante illustration de ce clivage mortel à moyen terme pour le parti. Plutôt que de s’en prendre aux vrais adversaires, ceux qui portent les couleurs des autres partis en lice, ils préfèrent pointer leurs mousquets en direction de l’exécutif du seul parti qui défend encore, souvent fort partiellement j’en conviens, un semblant de leur idée maîtresse.
On verra ce que ça donnera le 8 décembre au soir.
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Je ne sais pas encore pour combien de temps on présentera le film La mémoire des anges de Luc Bourdon à l’Ex-Centris, mais vous devez absolument y aller. Ce collage réalisé à partir de films de l’ONF des années 1950 et 1960 est fabuleux.
Vous y verrez un Montréal qui n’existe plus. Une ville avec des enfants plein les
rues, des maisons à la place de la tour de Radio-Canada et des trottoirs bondés pour la parade de la Saint-Jean-Baptiste. C’était avant l’ère des mégaprojets et avant même que l’île Notre-Dame ne sorte du fleuve.
Une leçon d’histoire pour les plus jeunes. Une parcelle de mémoire pour les autres. Bref, un incontournable. Surtout pour ceux qui osent encore se demander à quoi sert l’ONF…