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Trudeau révisera le déficit si l'économie chute

Liberal leader Justin Trudeau speaks to supporters during a campaign event in Toronto, Monday September 21, 2015. THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld Photo: The Canadian Press

TORONTO — Le chef libéral, Justin Trudeau, s’est dit ouvert à réviser ses plans de cumuler un déficit budgétaire sur les trois prochaines années si l’économie plonge dramatiquement.

En rassemblement à Toronto, M. Trudeau a déclaré que son parti réévaluerait son engagement de présenter un budget déficitaire de 10 milliards $ par année jusqu’en 2019, si la situation économique canadienne s’empirait «radicalement».

«Nous avons toujours dit que nous aurions des déficits modestes. Et nous avons aussi dit que si la situation s’empirait radicalement, nous réviserions ces chiffres.»

Bon nombre de promesses libérales seraient financées par la vente d’obligations du gouvernement et en dépensant cet argent pour construire des infrastructures à travers le pays.

Le parti n’a pas encore fourni un cadre financier détaillé, ce qu’a critiqué le chef néo-démocrate, Thomas Mulcair, dans les derniers jours.

M. Mulcair soutient que les libéraux prévoient léguer des dettes aux futures générations, tandis que le chef conservateur, Stephen Harper, a prévenu que les libéraux mettraient le pays sur une dangereuse pente de trous noirs financiers.

Mais selon le professeur de macro-économie et de politique économique à l’Université McGill Chris Ragan, le plan de déficit de Justin Trudeau n’est pas nécessairement une mauvaise chose pour les générations futures.

Si un pays emprunte pour construire un pont qui durera 50 ans, les Canadiens qui l’emprunteront sur cette période de temps devraient le financer, a-t-il illustré.

«En terme de justice intergénérationnelle, c’est plutôt sensé», a ajouté le professeur.

Pour que M. Trudeau cumule un déficit de 10 milliards $, a affirmé M. Ragan, il devra émettre le même montant en obligations, qui seraient achetées par des fonds de retraite, de grandes institutions financières et des individus.

«Ce ne sera pas un problème d’amasser cet argent», a-t-il assuré.

Ce qui pourrait être plus difficile, c’est de limiter à 10 milliards $ le déficit, selon Don Drummond, un ancien économiste en chef à la banque TD, qui a travaillé au ministère des Finances de 1977 à 2000.

M. Drummond considère qu’il est pratiquement impossible pour les néo-démocrates et les conservateurs de garantir l’équilibre budgétaire.

«Le NPD et les conservateurs visent le déficit zéro, et les libéraux visent moins de 10 milliards $ de déficit, et aucun ne va atteindre sa cible», a-t-il tranché.

Il s’attend à ce que la situation empire dans 10 à 20 ans. La croissance économique du Canada sera vraisemblablement moindre dans la prochaine décennie, alors que la population continue de vieillir et la productivité, de décroître.

Aucun parti ne prépare l’économie à ce qui l’attend, ce qui sera une nouvelle norme, plus basse, pour la croissance économique.

«Je pense qu’il faut un tout nouveau paradigme de politique», a-t-il affirmé.

Diviser les citoyens

Par ailleurs, plus tôt en journée, Justin Trudeau avait accusé conservateurs et bloquistes d’utiliser le niqab pour diviser les citoyens.

Selon le chef libéral, le port de ce voile par quelques femmes musulmanes est bien loin des vraies préoccupations des citoyens en cette période électorale. Et si Stephen Harper et Gilles Duceppe en parlent tant, selon lui, c’est parce qu’ils n’ont rien à offrir aux électeurs pour répondre à ces vraies préoccupations.

De passage à Toronto, lundi matin, M. Trudeau a accusé M. Harper de jouer le jeu de la peur, tandis que le Bloc, a-t-il dit, existe pour diviser les Canadiens. Il reproche donc aux deux partis d’accorder trop de place dans leurs discours au niqab.

Le chef libéral a essuyé les critiques de son rival conservateur à cause de sa promesse d’annuler l’achat des F-35 prévu par le gouvernement Harper et de reprendre l’exercice de l’achat d’avions militaires à zéro.

M. Trudeau a maintenu que les F-35 coûtent trop cher et ne sont pas l’avion dont le Canada a besoin.

Et puis M. Trudeau a promis, dans les 100 premiers jours d’un gouvernement libéral, de consulter les provinces pour mettre sur pied un nouveau «cadre national en matière d’éducation préscolaire et de garde d’enfants». Les libéraux assurent que ce «cadre» n’empiéterait pas sur les compétences des provinces.

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