François Legault démissionne comme premier ministre
Le premier ministre François Legault a annoncé sa démission à la tête du gouvernement, mercredi.
«Je vois bien qu’actuellement, beaucoup de Québécois souhaitennt d’abord du changement, et entre autres un changement de premier ministre. Pour le bien de mon parti et, surtout, pour le bien du Québec, j’annonce aujourd’hui que je vais quitter mon poste de premier ministre du Québec», a-t-il dit en conférence de presse.
M. Legault restera en place le temps que la Coalition Avenir Québec (CAQ) lance un processus pour se trouver un nouveau chef. Ce nouveau chef sera alors désigné premier ministre par la lieutenante-gouverneure du Québec.
Le premier ministre et la CAQ sont aux bas-fonds des sondages depuis plusieurs mois. M. Legault est d’ailleurs le premier ministre provincial le plus impopulaire au Canada selon plusieurs rapports. L’agrégateur de sondage Qc125.com prévoit que la CAQ pourrait être rayée de la carte électorale aux élections prévues cet automne.
Fier de son legs
Lors de son discours, M. Legault a rappelé les bons coups de son gouvernement pendant ses deux mandats.
Je peux vous garantir que, chaque jour, je me suis levé en me disant que je veux ce qu’il y a de mieux pour les Québécois. Je n’ai pas toujours réussi, mais je peux vous garantir que j’ai essayé. J’ai essayé très fort, avec toute l’énergie que j’avais.
François Legault, premier ministre démissionnaire du Québec
Il a particulièrement insisté sur la diminution de l’écart de richesse entre le Québec et le reste du Canada.
«Quand on regarde la croissance du PIB par habitant et la croissance du salaire moyen depuis sept ans, on a réussi à battre l’Ontario et le reste du Canada. Grâce à nos baisses d’impots, on a aussi réussi à les battre en termes de croissance du revenu disponible.»
M. Legault a aussi rappelé qu’il a augmenté les salaires des enseignants et renégocié le mode de rémunération des médecins omnipraticiens.
Un mandat marqué par la pandémie
Bien sûr, le premier mandat de M. Legault a été marqué par la pandémie de COVID-19. Le 23 mars 2020, le premier ministre a imposé le premier confinement lié à la pandémie. Au cours des deux années suivantes, il a dû retirer puis réimposer les mesures sanitaires en fonction des aléas du virus.
Sous sa gouverne, le Québec a connu un meilleur bilan que d’autres juridictions dans ses hôpitaux, mais a subi une catastrophe dans les CHSLD. À certaines périodes, les restrictions sanitaires – par exemple les couvre-feu – étaient parmi les plus restrictives en Amérique. Le gouvernement de M. Legault a aussi lancé une vaste campagne de recrutement et de formation pour ajouter 10 000 préposés aux bénéficiaires au réseau de la santé.
«J’ai esssayé sept jours sur sept de sauver le maximum de vies au Québec. J’ai essayé de prendre des décisions même si on avait des informations incomplètes. Comme partout dans le monde, on était un peu dans le brouilard», rappelle-t-il.
M. Legault est en politique depuis 1998. Il a d’abord été ministre sous les gouvernements péquistes de Lucien Bouchard et Bernard Landry. Après une pause entamée en 2009, il fonde la Coalition Avenir Québec le 14 novembre 2011.
François Legault a été élu premier ministre du Québec en 2018 et en 2022 pour deux mandats majoritaires.
Rebrassage des cartes politiques
Le départ de François Legault marque le sixième départ à tête d’un des partis représentés à l’Assemblée nationale depuis les élections de 2022.
Dominique Anglade a quitté la chefferie du Parti libéral après sa défaite. Son remplaçant, Pablo Rodriguez, a suivi le même chemin après un court passage marqué par un scandal de financement politique.
Du côté de Québec solidaire, la porte-parole féminine a changé deux fois le porte-parole masculin, une fois.
À moins d’un autre revirement, Paul Saint-Pierre Plamondon du Parti québécois sera la seule personne à participer à la fois au Débat des chefs de 2022 et celui de 2026.
Les derniers sondages donnent une avance confortable au PQ, avec au moins 35% des voix. Le PQ mène dans les sondages depuis deux ans.