Art de vivre
07:00 25 août 2020 | mise à jour le: 24 août 2020 à 20:54 temps de lecture: 8 minutes

Le Norest: une expérience unique en dix services

Le Norest: une expérience unique en dix services
Photo: Sébastien Rioux/Métro

Le Norest, c’est le nouveau restaurant de Rémi Lemieux et Justin Petitclerc. Ces deux amis de longue date sont les seuls maîtres à bord; Rémi est chef alors que Justin est mixologue et maître d’hôtel, et ensemble, ils s’occupent d’absolument tout!

Âgés de 26 ans, les deux propriétaires du restaurant situé sur le Plateau-Mont-Royal proposent une expérience gastronomique unique en dix services à 70$ avec la possibilité de prendre l’accord vin et alcool pour 50$ de plus, pourboire inclus. Ce n’est pas la première fois qu’on remarque un restaurant montréalais qui inclut le pourboire dans son prix et, comme c’est le cas pour Le Norest, c’est «pour empêcher les malaises».

Portrait des copropriétaires du restaurant Le Norest Rémi Lemieux et Justin petitclerc

Funky et inventive, la gastronomie du Norest promet une aventure sensorielle incomparable.

On peut aussi se rendre au Norest sans réservation pour profiter du menu «snacks» à déguster au comptoir. Et, à compter de 23 heures, il sera également possible d’y aller pour tirer plaisir du volet mixologie en sirotant un cocktail créé par Justin.

Deux cocktails posés sur un bar

Le Norest est en «soft opening» depuis la semaine passée, et il ouvrira officiellement ses portes le 2 septembre 2020. La salle comprend 26 places assises et accueille des clients du mercredi au samedi. Au moment d’effectuer la réservation, Rémi s’entretient avec le client afin de connaître ses intolérances alimentaires certes, mais surtout pour en savoir un peu plus à propos de son aliment préféré. À partir de la réponse, il créera un plat personnalisé au goût du client lors de la soirée. Cela reflète bien le type d’expérience à laquelle on peut s’attendre en allant souper au Norest: personnalisée, extrêmement conviviale, différente, avant-gardiste, intrigante, unique!

Nord-Est/No Rest

Il est audacieux d’ouvrir un restaurant gastronomique au menu de dégustation fixe de dix services en pleine pandémie, et les copropriétaires en étaient bien conscients lorsqu’est venu le temps de choisir le nom du restaurant.

«Moi, je voulais un nom qui sonne boréal, qui fait Québec et Justin voulait surtout un nom qui nous représentait. On était donc face à un dilemme. Un moment donné, on était ici, tard le soir, on venait de décider que ça allait être juste nous deux, qu’on profiterait du fait qu’on est jeunes et immatures pour travailler fort. Justin a alors mentionné que le nom devait venir du fait qu’on ne dort jamais, pis là, il a dit stop: «no rest!». On est restés là-dessus, et puis après, c’est devenu le Nord et l’Est pour le côté boréal. On trouve vraiment que ça nous ressemble! Moi de mon côté, je voulais aussi un nom court qui ne sonne pas français», raconte Rémi.

Plat de pâtes colorées avec fleur de chou

Parcours de chef

Le chef Rémi Lemieux a découvert sa passion pour la gastronomie très tôt dans la vie. Après un passage écourté à l’ITHQ, il a travaillé trois ans pour Giovanni (Jean-Claude) Apollo à l’adolescence.

«Malgré la controverse autour d’Apollo, j’ai appris beaucoup parce qu’il avait vraiment de bons employés en cuisine. Il faisait venir des Français qui avaient travaillé pour des étoilés Michelin. J’ai donc bien été formé», explique le chef.

C’est ensuite dans les cuisines du Pied de Cochon, aux côtés de Martin Picard, qu’il a continué à développer son talent, et plus particulièrement à la Cabane d’à Côté. Alors âgé de 23 ans, il devient le chef de la Cabane! Alliant sa passion pour la cuisine et celle de l’étranger, Rémi voyage à travers le monde pour apprendre des plus grands. C’est d’ailleurs lors d’un voyage en Italie qu’il eut la chance d’effectuer un stage auprès de Massimo Bottura au restaurant Osteria Francescana, un établissement qui cumule trois étoiles Michelin et remporte, année après année, le titre de meilleur restaurant du monde.

Parcours de mixologue

Justin Petitclerc est avant tout un musicien qui baigne dans le secteur évènementiel, alors on est en droit de se demander comment il a pu devenir mixologue dans son propre restaurant…

Le mixologue Justin Petitclerc préparant un cocktail derrière son bar

«Quand on était adolescents, Rémi travaillait au Pied de Cochon, c’était ses premières saisons, et l’hiver, il travaillait moins, donc il s’était parti quelque chose qui s’appelait Chef à la maison. Il m’avait engagé pour être son maître d’hôtel», relate Justin.

C’est donc aux côtés de son acolyte et par intérêt personnel que Justin a développé un talent dans la création de cocktails. L’aspect nostalgique de sa nature de musicien a d’ailleurs influencé plusieurs de ses cocktails.

«Chaque fois qu’on travaillait ou qu’on faisait de la «prep» pour Chef à la maison, on buvait tout le temps ce qu’on appelle des bières-clamato. J’ai donc développé un cocktail pour rendre honneur à cette époque. On fait nos jus de palourdes et de tomates maison et j’en fais une version glacée que je dépose au centre du verre. Je verse ensuite la version non glacée et par-dessus, je saupoudre un mélange de sel de céleri et de palourdes séchées maison. Et pour être en accord avec les adolescents que nous étions alors, on a décidé de le servir avec la bière la plus cheap qu’on a bue ensemble : de la Black Label», a détaillé M. Petitclerc.

Gastronomie québécoise?

La gastronomie québécoise n’est plus sous le joug de la cuisine maison simple et grasse, loin de là! Et même si National Geographic n’a inséré que des plats tels la poutine, la tourtière et le smoked meat dans son top 10 des plats de la gastronomie québécoise à tester absolument, on trouve maintenant des génies culinaires et une gastronomie raffinée, inventive et complètement éclatée au Québec.

Quant aux plats de Rémi Lemieux, ils sont uniques! Qui aurait pu croire qu’un amuse-bouche de popcorn recouvert de togarashi, d’algues séchées et de beurre de homard serait l’accompagnement parfait au Bloody Caesar nostalgique de Justin? Au Norest, on oscille entre gastronomie recherchée et simplicité, tout en étant funky, et où trônent les produits d’ici.

Une main pressant un quartier de citron au-dessus d'un sac rempli de popcorn

Justin et Rémi se partagent le service: Rémi monte les plats de sa cuisine temporaire située au sous-sol et les présente au client, alors que Justin fait de même pour les accords vins/cidres et cocktails en plus de s’assurer du bon déroulement des services.

«Je trouve que le meilleur dans les biscuits, c’est de manger la pâte pendant que tu les cuisines, alors on la sert directement sur le batteur.» – Chef Rémi Lemieux.

Une palette de batteur sur socle garnie de pâte à biscuit

Combien de temps prévoir?

Les propriétaires conseillent aux clients de libérer un bon quatre heures pour vivre l’expérience. Mais pour eux, plus le client demeure longtemps et profitent de leur visite, plus ils sont contents. Pour votre information, sachez que votre journaliste y est restée six heures – six heures qui sont passées comme un coup de vent. Il faut dire qu’entre une bouchée d’huître emballée dans du radis cru assise sur un gel d’algues, recouverte d’échalotes marinées et accompagnée d’un carré de pain brûlé et de beurre fraîchement baratté du matin, et une autre de tartare de flétan à la lavande, aux fleurs, à la framboise, recouvert d’un hachis de champignons sauvages avec un peu de sauce soya, il est difficile de faire vite. Chaque bouchée est remarquable et c’est un réel plaisir de les savourer pleinement.

Beurre frais dans une assiette

Tout est québécois au restaurant Le Norest: la musique qu’on entend, les alcools qu’on boit et les plats qu’on déguste avec grand plaisir.

Tous les plats principaux servis au Norest seront végétariens tout en étant riches et satisfaisants.

«Les plats les plus rustiques, les plus copieux sont végétariens. Par exemple, la sucrine est farcie avec plein de choses comme de la fleur d’ail fermentée et du fromage fumé. En dessous, il y a des chanterelles poêlées et une sauce aux champignons qu’on a travaillée pour qu’elle aille chercher le côté terreux, viandeux qu’on aime», nous explique le chef.

Un plat de sucrine aux champignons

Est-ce qu’on y retourne?

Absolument! Le Norest représente l’essence même de la locution «expérience gastronomique». Et si le menu dégustation dix services peut intimider par son élitisme habituel, il n’en est rien au Norest. Rémi et Justin vous y accueillent avec le sourire dans un décor tout ce qu’il y a de plus rustique et simple.

Le Norest, au 4671 boulevard Saint-Laurent, à Montréal. Il est possible de réserver son expérience dès maintenant en composant le 514 225-9626.


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