Culture

César: deux prix prestigieux pour Xavier Dolan

César: deux prix prestigieux pour Xavier Dolan
Photo: Francois Mori/Associated PressCanadian director Xavier Dolan poses with the Best Editing Cesar Award during the 42nd Cesar Film Awards ceremony at Salle Pleyel in Paris, Friday, Feb. 24, 2017. This annual ceremony is presented by the French Academy of Cinema Arts and Techniques. (AP Photo/Francois Mori)

Xavier Dolan a remporté les prix du Meilleur réalisateur et du Meilleur montage pour Juste la fin du monde lors de la 42e cérémonie des César, vendredi soir à Paris.

«Je suis très touché. Depuis 10 ans, les Français m’ont toujours fait une place», a-t-il déclaré sur scène.

C’est la deuxième fois qu’un Québécois est récompensé pour la Meilleure réalisation, après Denys Arcand et ses Invasions barbares, en 2004.

Dolan s’est d’abord étonné de gagner le prix du Meilleur montage, qu’il a qualifié d’«inattendu».

Mais c’est avec plus d’émotion et la voix tremblante qu’il s’est exprimé une deuxième fois devant le monde du cinéma français, après la réception du César du meilleur réalisateur. «On parle souvent des influences d’un metteur en scène. Mais malgré les oeuvres qui m’ont marqué, je sais à qui je dois mon amour du jeu. J’ai commencé très tôt à travailler dans le monde du doublage, à Montréal, cette incroyable gymnastique pour l’esprit d’un acteur», a-t-il dit.

«Mes amis doubleurs ont formé mon imagination, structuré ma langue et mon caractère, a poursuivi le Québécois de 27 ans. Eux qui oeuvrent dans l’ombre, ils m’ont aidé à grandir comme artiste, mais ils m’ont aussi éduqué comme enfant. Je voulais leur rendre hommage ce soir. Ils m’ont toujours soutenu, quand peu y croyaient.»

«Mes films viennent d’un endroit secret et enfoui qui s’appelle l’enfance, et j’ai passé la mienne dans les couloirs de doublage à observer leur monde étonnant.» – Xavier Dolan, rendant hommage aux artisans travaillant dans le doublage

Xavier Dolan est même remonté une troisième fois sur scène… pour récupérer le César du meilleur acteur décerné à Gaspard Ulliel, qui était en tournage. Le Français avait préparé un discours et l’avait transmis au Québécois, mais en lui demandant de ne pas le lire avant la cérémonie. Les premiers mots du texte étaient en fait adressés à Xavier Dolan.

«Je te dois tant. Merci d’offrir à tes acteurs ce qui est hors du commun. Pour raconter l’ordinaire, ce regard que tu poses sur tes comédiens n’a pas d’équivalent. Tu portes à chaque fois tes acteurs vers la fraîcheur et l’éclat de l’inédit», avait-il notamment écrit dans cette lettre.

Adapté d’une pièce de théâtre de Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du monde raconte l’après-midi en famille d’un jeune auteur qui, après 12 ans d’absence, retourne dans son village natal afin d’annoncer aux siens sa mort prochaine. Il met également en vedette les acteurs français Vincent Cassel, Léa Seydoux, Nathalie Baye et Marion Cotillard.

Comme en 2010 (J’ai tué ma mère), en 2011 (Les amours imaginaires) et en 2013 (Laurence Anyways), Xavier Dolan n’a cependant pu mettre la main sur le César du meilleur film étranger, qui est revenu au Britannique Ken Loach pour I, Daniel Blake (Moi, Daniel Blake). Le Québecois avait été vainqueur dans cette catégorie en 2015 avec Mommy.

Autres faits saillants
En début de soirée, le Franco-Québécois Niels Schneider a été sacré Meilleur espoir masculin pour son rôle de Pier Ulmann, dans le film Diamant noir, du réalisateur Arthur Harari.

L’acteur de 29 ans a joué dans deux films de Xavier Dolan, J’ai tué ma mère et Les amours imaginaires. Il a notamment remercié son père, qui avait pris l’avion depuis Montréal pour l’accompagner.

De son côté, Gabriel Arcand (Le fils de Jean) était en nomination pour le trophée du Meilleur acteur de soutien, qui est finalement revenu à James Thierrée (Chocolat).

Jean Dujardin George Clooney César

L’acteur américain George Clooney a quant à lui reçu un César d’honneur. Rejoint sur scène par le comédien français Jean Dujardin, il a consacré une partie de son discours de remerciements à ce qu’il se passe présentement aux États-Unis, depuis l’élection de Donald Trump à la tête du pays, délivrant un message contre la peur.