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Forever Crazy: femmes de rêve

Photo: Antoine Poupel

On a beau vivre à une époque hypersexualisée où les représentations érotiques, voire pornographiques, sont omniprésentes, le nom Crazy Horse porte encore une charge symbolique très puissante. Un parfum de sensualité exacerbée semble se distiller dès qu’on évoque la célèbre revue créée par Alain Bernardin à Paris en 1951.

Il faut dire que le Crazy Horse est censé receler les «plus belles filles du monde». Son image de boîte à fantasmes top classe est farouchement contrôlée et habilement mise en marché.

D’ailleurs, au moment d’interviewer 2 des 10 filles de la troupe qui est actuellement chez nous, nous nous sommes aperçus de la présence d’un énorme micro à la hauteur de nos genoux dans le brouhaha de l’entrée du Théâtre du Nouveau Monde ,où se tenait la conférence de presse ainsi que la présentation des créatures du bon Dieu. Lesquelles portaient toutes la même perruque et les mêmes fringues moulantes. «C’est pour l’équipe de la tournée», nous a lancé le perchiste alors que nous nous étonnions de voir les entrevues qu’accordent les girls ainsi enregistrées.

Pas de contact
«Des pétromonarques et d’autres stars internationales viennent voir les filles du Crazy à Paris. J’imagine que vous recevez des propositions de toutes sortes. Quelles sont les plus saugrenues que vous ayez eues?» lançons-nous après les présentations d’usage avec Loa Vahina et Yafa Yemalla.

«Nous n’avons aucun contact avec les clients pendant les spectacles. Ensuite, nous attendons derrière les portes et nous sommes ramenées en taxi. C’est comme ça tous les soirs, et cela, depuis des années. En aucun cas nous n’avons le droit de parler avec les personnes qui viennent voir le spectacle. Nous ne pouvons pas non plus rester devant le Crazy, que ce soit le soir ou pendant la journée. Question de règles de sécurité pour nous. C’est aussi une façon de préserver le mystère, ce qui constitue la magie du spectacle», explique celle qui arbore un piercing sur la langue avant de préciser qu’il faut faire preuve de rigueur et de discipline en matière d’entraînement et d’alimentation si l’on souhaite demeurer une Crazy Girl longtemps. «On reste au minimum 3 ans, et il y a des danseuses qui sont là depuis 11 ans», soutiennent mes interlocutrices en chœur.

Féministes? «Bien sûr, bien sûr, s’enflamme Loa. Nous interprétons des personnages. Sur scène, nous sommes des femmes libérées et nous œuvrons pour les droits de la femme.»

Simone de Beauvoir en serait ravie…

Forever Crazy: hommage

Avec sa mise en scène signée par le Québécois Dick Walsh (bal annuel du MAC), Forever Crazy est un hommage au créateur de la troupe, Alain Bernardin, qui tangue entre l’art de la danse et le divertissement émoustillant.

On dit que les girls, uniquement vêtues de lumières texturées et richement colorées, captivent autant l’esprit que le regard au cours de ces 90 minutes à la fois charnelles et sophistiquées.

Forever Crazy
Au Théâtre du Nouveau Monde
Du 9 au 21 juillet

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