Critiques CD de la semaine du 16 au 20 juillet
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Spiritualized, Frank Ocean, The Temper Trap, Rush, Glass Tiger et Zac Brown Band.
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♥♥♥♥♥♥♥♥♥ Spiritualized Sweet Heart, Sweet Light (4,5/5) |
Méga coup de cœur pour ce 7e album signé Spiritualized, marqué par un récit inhabituel. Quelque temps avant son enregistrement, le maître du projet, Jason Spaceman, apprend que son foie est malade, décide de se soumettre à un traitement expérimental, se cloître durant deux ans en studio et se vide les tripes en musique. Le résultat se révèle d’une qualité et d’une complexité rares. Il y a du Velvet (Headin’ For the Top Now), du Stones (Get What You Deserve) et du Lennon (Little Girl) là-dedans. Il y a des harmonies, des chœurs d’enfants et des paroles qui font chialer. C’est grisant et bouleversant. C’est du rock comme il ne s’en fait plus.
– Natalia Wysocka
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Subtil Frank Ocean Channel ORANGE (4/5) |
On n’écoute pas Frank Ocean juste comme ça. Nope. Pour bien apprécier l’expérience, la concentration doit être totale, car l’artiste installe l’ambiance doucement, nous entraînant dans une épopée pleine de nuances. Plusieurs écoutes sont nécessaires pour absorber toutes les couches de son R’n’B. Outre sa plume, fine observatrice, c’est dans la subtilité que se trouve le génie du rappeur. Dans l’électro Pyramids, l’élégante et troublante Crack Rock ou la brillante Super Rich Kids, où il décrit la vacuité de l’existence de ces ados qui «roulent trop souvent dans la Jaguar de papa». Vous pouvez croire le buzz; il est justifié.
– Natalia Wysocka
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Fracassant The Temper Trap The Temper Trap(4/5) |
Les Australiens de The Temper Trap, qui s’étaient produits à deux reprises à Montréal en 2010, viennent de sortir un album éponyme. Et on accroche dès le début! Il est rare qu’un disque regorge à ce point de belles chansons pourtant toutes différentes. Si on remarque l’influence des années 1980 (Simple Minds, a-ha), les arrangements n’en restent pas moins modernes et le son électro ressemble à celui de Radiohead. Les mélodies pop sont accrocheuses, mais c’est la voix envoûtante du chanteur qui donne toute l’émotion. On écoute en boucle la captivante Miracle et la délicate The Sea Is Calling. On entendra encore parler d’eux, c’est certain!
– Anicée Lejeune
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Sans faille Rush Clockwork Angels (4/5) |
On sait que les gars de Rush ne sont jamais à court de riffs qui déchirent. Mais que les trois inépuisables virtuoses du ROC, qui affichent près de 40 ans de carrière au compteur, réussissent encore à nous conduire en territoire inexploré, ça défie un peu l’entendement. Se laisser happer par Clockwork Angels, c’est s’embarquer pour 12 escales dans un univers ou le prog rock à l’état brut se nourrit de sonorités orientales et de grandes envolées orchestrales. Loin du kitsch qu’on leur reproche parfois, Clockwork Angels est un album inspiré et ambitieux, à la hauteur du monumental parcours du groupe.
– Maxime Huard
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Pour nostalgiques Glass Tiger The Thin Red Line (Anniversary Ed.) (3/5) |
En 1986, le groupe canadien – de Newmarket, Ontario – Glass Tiger lançait son premier album. La formation était au milieu d’un tourbillon à la suite de son premier simple, Don’t Forget Me (When I’m Gone). Puis, le succès s’est estompé avec les années… Quelque 25 ans plus tard, le groupe (qui existe toujours) relance ce très bon disque avec, sur un second CD, une version acoustique toute récente de la pièce titre, des raretés du temps, des prises de spectacles de l’époque, des démos et des remix (les bons vieux 12). Du bonbon pour les nostalgiques. Et pour les curieux, un intéressant livret qui raconte les années de tourbillon.
– Eric Aussant
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Sauce sud-est Zac Brown Band Uncaged (2,5/5) |
Pas de doute à l’écoute de Zack Brown Band : ces gars-là viennent du sud-est des États-Unis. Bien en selle au sommet des classements de leur État natal, la Géorgie, et plus largement du Billboard Country, le septuor propose un cinquième album studio, Uncaged. Que les mélomanes avides de surprises sachent qu’ils ne misent pas sur le bon cheval. Jack Brown et sa bande épousent de nouveau la pure tradition country : des chagrins d’amour, des refrains puissants couchés sur des guitares acoustiques et quelques incursions bluegrass à coups de violon rythmé et d’harmonies vocales. Le tout est trop confortable à notre goût.
– Charles-Éric Blais-Poulin
Évaluation: 5/5 = Sublime, 4/5 = Recommandé, 3/5 = Bien, 2/5 = Moyen, 1/5 = Sans intérêt





