Yann Perreau : Petit bum devenu grand
Le 3 avril très exactement, cela fera 15 ans que Yann Perreau a gagné le concours Cégep Rock avec son groupe de l’époque, Doc et les chirurgiens. Quinze ans, ce n’est pas la fin de monde, mais pour un jeune homme de 32 ans, qui va bientôt en avoir 33, c’est presque la moitié de sa vie.
Quinze ans plus tard, Perreau se sent toujours un peu jeune, un peu rebelle dans le merveilleux monde de la musique. Il continue tous les jours à apprendre, mais une certaine maturité
semble vouloir poindre sur le troisième album de l’auteur-compositeur, Un serpent sous les fleurs. Et cela lui plaît.
«Je sens que je commence à avoir des wagons en arrière de mon train, explique le chanteur au regard espiègle dans un resto de la rue Saint-Hubert. Sur cet album-là, il y a encore un côté rock et même un côté punk sur des pièces comme Le pays d’où je viens et Le bruit des bottes.
Ce côté ne me quittera jamais, mais il y a une certaine expérience, une maturité derrière tout cela, un regard, une compréhension du monde qui se développe avec les années.»
Ça s’entend d’ailleurs sur la dernière galette de l’artiste originaire de Lanaudière. Après Western Romance, en 2002, et Nucléaire, en 2005, deux albums très appréciés de la critique qui ont surtout tourné à la radio de Radio-Canada et dans les radios universitaires, on sent un renouvellement du son Perreau sur Un serpent sous les fleurs.
«Pour un troisième album, je trouve que c’est important de se renouveler, affirme-t-il. Après avoir fait deux albums pour me présenter – qui n’ont pas été très mainstream -, je pense avoir ouvert quelque chose dans ma musique. C’est moins hermétique. Il y a des tounes qui peuvent jouer dans des radios plus commerciales, mais pour lesquelles je n’ai pas trafiqué mon son pour le formater. Je pense seulement que c’est l’expérience qui fait son petit bonhomme de chemin.»
Voyage, voyage
Il semble y avoir aussi tout le processus de création de l’album qui a aidé celui qu’on a souvent qualifié de bête de scène à trouver l’équilibre entre exploration et harmonie sonore.
Pour réaliser son disque, Yann Perreau a passé cinq semaines à La condition publique, à Roubaix, en France, un espace de création où il a écrit, colligé les textes qu’on lui avait offerts et composé la musique des 11 pièces se retrouvant sur Un serpent sous les fleurs. Le talentueux pianiste est ensuite parti pendant sept semaines en Inde pour décrocher. Il n’a même pas emporté son iPod!
À son retour, il a entamé une tournée de 15 spectacles dans la province, Créations en évolution, au cours de laquelle il a testé ses nouveaux titres.
«Je demandais carrément aux gens leur opinion et ils m’écrivaient, ou ils venaient me parler après le show, raconte l’artiste. C’était comme avoir un miroir devant soi. Si on avait été dans le champ, le public nous l’aurait dit. Mais en sachant que les gens aiment ça, on a pu continuer et approfondir ce qu’on faisait. Je faisais ça pour la toute première fois. C’était vertigineux. Il y a des chansons que je faisais avec les paroles devant moi. C’était très stressant, mais quand on est arrivés en studio, on était prêts à enregistrer.»
Yann Perreau planche présentement sur son nouveau spectacle, ainsi que sur un livre. Après avoir offert Perreau et la plume, un recueil de ses écrits illustré, le musicien-poète s’apprête à écrire un court roman.
Un serpent sous les fleurs
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