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Crochet au cœur avec Raphael

Photo: Peter Lindberg

Désormais reconnu comme le prince de la pop française top qualité, Raphael propose Super Welter, un album fait maison plus exploratoire que ce à quoi il a habitué son public.

À l’image d’un de ses mentors, David Bowie, pour qui il s’est d’ailleurs produit une fois en première partie, Raphael poursuit une démarche artistique qui le pousse, consciemment ou non, à changer d’approche à chaque nouvel album.

Avec Super Welter, qui fait référence à son nouveau dada pour l’entraînement de boxeur et se traduit par deux pièces que l’on retrouve sur l’opus, il ne pense pas avoir réalisé un album moins accessible que le célèbre Caravane et jure qu’il ne souhaitait pas déstabiliser son auditoire. Et pourtant…

S’il ne savait pas quels sujets aborderaient les chansons de l’album avant de les écrire durant l’année du processus créatif, laissant ainsi libre cours à la rêverie, il convient cependant que son approche musicale a été différente.

Ainsi, là où d’autres s’assoiraient confortablement sur leurs lucratives zones de confort, le célèbre récipiendaire de trois Victoire de la musique a quitté cette fois le train du Pacific 31 – titre de son dernier album original qui plaît autant aux fans de Bashung qu’à ceux de Calogero – pour nous amener dans un univers étonnant.

Entre exploration déstabilisante (Collision) et chanson hyper accrocheuse (Quand j’aimais vraiment), Raphael évoque des histoires de filature parisienne nocturne, de pugilat amoureux, de voyage immobile, de bolides dans les tunnels et autre cinéma de l’esprit.

Mais diantre! pourquoi faire un disque à la façon de quelqu’un qui rame pour se faire un nom lorsque le succès nous offre les moyens de réaliser les fantasmes de la plupart des musiciens : se payer la traite sur le plan studio, arrangements, musiciens…?

«Mes envies étaient différentes. J’ai déjà fait des disques qui ont coûté cher et qui rassemblaient beaucoup de musiciens. Cette fois, l’objectif n’était pas nécessairement de faire un disque qui ne coûtait pas cher. Mais j’ai commencé à faire des maquettes avec un copain (Benjamin Lebeau) et j’y ai pris beaucoup de plaisir. Puisqu’il y a toujours un moment où l’on passe du stade de maquette à celui de disque et où un truc bien devient moche, je me suis dit : “Pourquoi, cette fois, ne pas sauter ce moment?”», explique Raphaël qui s’est chargé des guitares, tandis que son pote officiait à la basse sur ce projet, qui ne serait pas suivi d’une série de spectacles et, où les samples remplacent la batterie.

Raphael, qui a effectué plusieurs tournées ses dernières années, ne s’ennuie pas de la scène. Dans les prochains mois, il compte accompagner sa femme, la comédienne Mélanie Thierry, et leur petit Roman, dans ses tournages à l’étranger. Et passer du temps dans son «laboratoire» pour faire des disques. Que retiendra-t-il de particulier de son récent séjour au Québec? «À Cap-de-Bon-Désir, près de Tadoussac, j’ai vu une baleine bleue! Ça doit faire au moins 30 m de long! Qu’est-ce que c’était beau, ça donne envie de chialer», conclut-il les yeux grands comme des soleils.

De la boxe sur Ste-Cath
Nouvel adepte de la boxe, Raphaël était chez nous au début octobre pour accompagner son épouse, Mélanie Thierry, qui est la mère de leur fils Roman.

Tandis que l’ex-mannequin tournait pour le prochain film de Denys Arcand, le chanteur en a profité pour effectuer quelques rondes de sac de frappe dans un gymnase de boxe rue Sainte-Catherine, entre un coucou à une baleine et un séjour à Sacacomie.

Super Welter
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