Du fun et de la peine dans les Contes urbains
Le mois de décembre ne serait pas un vrai mois de décembre sans les Contes urbains. Pour qui aime les histoires de Noël rentre-dedans, troubles, disjonctées, sans clinquant et sans «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil», cet événement festif est un must du temps des Fêtes. «C’est toujours nouveau, même si c’est toujours la même chose», affirme avec humour Yvan Bienvenue.
Cette année, l’instigateur de cette soirée atypique, faite de tragédies, de trash, de glauque, d’humour noir et d’une p’tite lueur d’espoir, signera tous les textes de la série. Chose qui lui donne un peu «le stress de l’auteur». «Les gens connaissent mon écriture, mais cette année, je ne vais pas exactement utiliser le pattern Bienvenue…» prévient-il.
Après une cuvée 2011 «moins réussie», aux dires du principal intéressé, l’homme de théâtre affirme avoir «réajusté le tir». «Les Contes urbains, c’est un concept, mais un concept, c’est une boîte. Ce sont les histoires qu’on va mettre dedans qui vont réellement animer cette soirée-là.» En attendant décembre, un petit avant-goût?
Ce qui caractérise cette 17e édition
«Il y a beaucoup de magie et de merveilleux. On nage toujours en pleine urbanité, mais il y a plusieurs histoires qui rappellent les contes de fées, les légendes.»
Les améliorations qui ont été apportées
«Tous les textes sont à la troisième personne. Sinon, c’est trop facile de s’éloigner de la “conterie”. Quand on parle au “je”, on est dans le témoignage. C’est le fun les témoignages, mais il ne faut pas que ce soit juste ça. Et ces dernières années, il y a eu un glissement. C’était des personnages qui venaient dire je, me, moi, le personnage. C’était trop théâtral.»
Ce que cette modification permet
«La catharsis. Quand un acteur fait un monologue au je, le public se censure. Il ne veut pas rire à quelque chose de ridicule, parce que l’acteur dit : “Ça m’est arrivé, à moi.” Il a peur de le blesser. Alors que si l’interprète dit : “Hey, le gars était tellement niaiseux, là…”, les gens vont rire. Ils vont rire du gars qui était niaiseux, mais pas du gars qui est sur la scène.
[pullquote]
Le chiffre 7 sera omniprésent
«Ce n’est pas un trip ésotérique, mais on va entendre les histoires d’une famille composée de sept membres. L’enfant, ses parents et ses grands-parents des deux côtés. Ils sont tous en voiture, ils reviennent de la messe de minuit, et sur le chemin, ils ont un accident. Tous les personnages ont leur âge véritable, mais on raconte leur temps des Fêtes quand ils avaient sept ans.»
Et comme le 21 décembre, c’est censé être la fin du monde…
«On ne sait même pas si on va faire notre dernière représentation du 22!»
Le conseil de la fin pour les spectateurs des Urbains
«Allez-y! Faites-vous du fun, faites-vous de la peine!»
Les contes urbains
Au Théâtre La Licorne
Du 4 au 22 décembre