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Exposition: Les réfugiés du climat: Les oubliés de la planète bleue

Geneviève Vézina-Montplaisir - Métro

Dans les années 1970, alors qu’on commençait à parler d’eux, les réfugiés du climat étaient quelques dizaines de milliers à tenter de survivre sur la planète. Aujourd’hui, ils sont de 30 à 40 millions, et les experts prédisent qu’en 2050, ils seront plus de 250 millions. Avec les événements en Haïti, la tendan­ce risque d’être revue à la hausse.

Les réfugiés du climat fuient un environnement dégradé par une ou plusieurs des causes suivantes : sécheresse, désertification, haus­se du niveau des mers, catastrophes naturelles et projets de développement. Les changements climatiques ne sont qu’un facteur qui aggrave le phénomène. Armé de sa caméra, le photographe-sociologue François Pesant s’est rendu en Inde pour tenter de donner un visage à ces gens chassés de chez eux par les forces de la nature.

Pendant cinq mois, il a visité des camps de réfugiés, et ce qu’il y a vu, il le présente dans l’exposition Les réfugiés du climat. «Les gens vivent dans des tentes en plastique, sans eau, sans électricité, note le photographe quand on lui demande ce qui l’a le plus marqué dans son expérience. Beaucoup de gens souffrent de maladies de peau et de maladies pulmonaires. Le taux de mortalité infantile dans ces camps est très élevé. Souvent, ces réfugiés sont forcés de changer d’État et par le fait même, ils perdent leurs droits de propriété et leur droit de vote. Parfois, les policiers arrivent avec des bulldozers et démolissent leur camp. Il y a un mépris incroyable envers ces gens en Inde.»

Les réfugiés du climat (ou réfugiés environnementaux) n’ont pas de statut officiel. Le phénomène n’a pas non plus de définition internationalement reconnue. En Inde, ils ne bénéficient d’aucune aide extérieure. Il y a seulement un orga­nisme qui aide certains d’entre eux à réactualiser des techniques ancestrales de collecte de pluie pour contrer la sécheresse.

Les réfugiés d’Haïti
Avec le séisme survenu en Haïti le 12 janvier, un nouveau chapitre s’inscrit dans l’histoire des réfugiés environnementaux. Soucieux d’approfondir sa recherche sur le sujet, François Pesant s’est rendu à Port-au-Prince une semaine après la tragédie, pour en revenir huit jours plus tard. «C’était intense, décrit le photographe. Le niveau de destruction à Port-au-Prince est incroyable. C’est inimaginable. Voir les gens dans les rues qui ont tout perdu, c’est assez touchant.»

Les conditions de travail de l’artiste n’ont donc pas toujours été faciles, pas plus qu’en Inde d’ailleurs. «C’est fascinant comment on s’adapte à toutes ces choses-là, souligne François Pesant. Autant les gens s’adaptent à leurs conditions de vie en Inde, autant les gens d’Haïti s’adaptent à un événement comme celui qu’ils ont vécu. Quand on fait ce métier-là, on s’adapte aussi. Notre perception de ce qu’est la normalité s’ajuste à l’endroit où on est.»

Le chasseur d’images compte retourner en Haïti dans quelques mois pour voir comment s’en sortiront ces nouveaux réfugiés du climat. «Je voulais voir comment les gens se relèvent d’une catastrophe comme ça après quelques jours, explique-t-il. Et je veux y retourner en avril pour voir la reconstruction, voir ce qui va renaître de tout ça.»

Les réfugiés du climat
À la TOHU
Dès jeudi et jusqu’au 25 avril

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