Marc Levy: La fin de l'aventure
Dans Le premier jour et La première nuit, Marc Levy s’aventure en terrain inconnu : le roman d’aventures. Avec ses héros, l’écrivain français le plus lu au monde amène le lecteur en Chine, en Éthiopie, en Russie, en Angleterre et en Grèce. Grâce à eux, Marc Levy fait découvrir au public les mondes hyper spécialisés de l’astrophysique, de la génétique, de l’archéologie et de l’espionnage. Marc Levy a répondu aux questions des lecteurs de Métro France à l’occasion de la sortie de La première nuit, son 10e livre en 10 ans.
Dans votre dernier roman, il est question d’une légende. Pouvez-vous la résumer et nous dire comment elle vous est venue à l’esprit?
C’est une légende très ancienne, on la retrouve dans le Coran et dans l’Ancien Testament. Elle raconte qu’un enfant dans le ventre de sa mère connaît tout de l’origine et du sens de la vie. Au moment de la naissance, un messager passe au-dessus de l’enfant et lui pose un doigt sur les lèvres pour effacer sa mémoire et pour que jamais il ne trahisse le secret de la vie qui lui fut confié.
Pourquoi ce thème?
Parce que ce thème est celui de l’origine de la vie. Je trouve cela fascinant de savoir que tous les êtres humains, qu’ils soient blancs, jaunes, métis, noirs, d’Asie, d’Europe, d’Amérique ou d’Afrique, descendent tous d’un seul et même être, et que cette «mère» originelle était africaine. Je trouve que c’est une belle leçon d’humilité en pleine période où les esprits sont fermés à la notion d’étranger.
Les histoires d’amour que vous mettez en scène font rêver. Êtes-vous un séducteur?
Je suis bien trop timide pour être un séducteur, hélas. Si seulement j’avais eu un truc pour séduire les femmes…
Les Américains ont déjà porté au grand écran l’un de vos romans, Et si c’était vrai. Avez-vous à l’esprit l’adaptation cinématographique quand vous écrivez un livre?
Surtout pas. L’écriture est une immense liberté, et le cinéma présente plein de contraintes. Penser à l’adaptation réduirait la liberté d’écrire. Imaginez le budget d’un film basé sur un roman comme Le premier jour…
Diriez-vous qu’il existe une recette pour écrire un livre bien ficelé? Voire même pour assurer un succès?
Oh que non! C’est le meilleur moyen d’aller dans le mur. Aucune recette, juste être sincère dans ce que l’on fait, et je crois, prendre du plaisir.
Combien de temps vous faut-il pour écrire un roman?
Huit mois, mais j’écris environ 15 heures par jour.
Avez-vous déjà souffert du syndrome de la page blanche?
Ça arrive toujours en cours d’histoire. Pas sous la forme d’une page blanche, mais d’un doute dans l’avancement du roman, sur l’intérêt de ce que l’on a écrit…
Les lecteurs de Marc Levy sont souvent considérés comme des sous-lecteurs. Qu’en pensez-vous?
Ceux qui parlent de «sous-lecteurs» pensent probablement être des «surhommes». Ils se rassurent eux-mêmes dans cette forme de supériorité prétentieuse. Les snobs sont assez mal dans leur peau pour s’enfermer dans des intelligences si étroites. Je fuis la prétention comme la peste. On parle de livre à lire dans le métro ou sur la plage. Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, je n’ai pas l’impression d’être plus bête dans le métro que dans ma chambre. Encore des préjugés faciles. La littérature dite populaire a toujours été critiquée – Dumas était assassiné par les critiques, comme Hugo, Flaubert et tant d’autres… Cela dit, je ne me compare en aucun cas à ces immenses écrivains.
Vous lancez votre livre comme un film, avec bande-annonce vidéo et la sortie simultanée d’une version numérique. Vous ne trouvez pas que vous vous caricaturez un peu en commercialisant le plus possible la littérature?
Et pourquoi enfermer la littérature dans un ghetto, pourquoi crier que la vidéo, les jeux, le cinéma et la télé font que les gens lisent de moins en moins et s’interdire, au nom d’une prétention littéraire, de se battre avec les mêmes armes pour que le livre cohabite en tant que moyen de divertissement? Il n’y a presque plus d’émissions littéraires. Vous rendez vous compte de ce qu’il faut faire pour que les jeunes aient envie de lire, à côté des moyens dont dispose la sortie d’un film, d’un album, d’une série TV, d’un jeu vidéo?
Où puisez-vous vos idées?
Dans le regard des autres.
Quelle célébrité auriez-vous rêvé d’être?
Angelina Jolie, pour me regarder dans la glace.
Y a-t-il des livres dont vous êtes particulièrement fier?
Je ne peux pas juger les miens. Je n’ai pas le culte de l’ego.
La première nuit
Aux Éditions Robert Laffont
Présentement en librairie
Pour plus de détails sur l’écrivain, visitez le site de Marc Levy.