Gael Garcia Bernal: «Je veux qu'on me surprenne»
Vingt-quatre longs
métrages concourent pour le prix du meilleur premier film. Gael Garcia
Bernal est le président du jury. Rencontre.
La Caméra d’Or est un prix très
convoité. Véritable tremplin pour les réalisateurs débutants, elle est
décernée au meilleur des premiers longs métrages, tous festivals
confondus. Cette année, vingt-quatre réalisateurs sont en lice. Autant
dire que l’agenda du jury, composé de six membres (dont notre
collaboratrice Charlotte Lipinska), est bien rempli. Son président,
Gael Garcia Bernal, nous a quand même accordé quelques instants.
L’acteur et réalisateur mexicain,
prenant son rôle très au sérieux, n’a pas pipé mot sur les films qu’il
a déjà vus. «Mais à chaque fois, j’ai été surpris», consent-il à
admettre. «Et c’est ce que j’attends d’un premier film : que le
réalisateur surprenne par une nouvelle géographie, de nouveaux visages,
un nouveau langage, une nouvelle forme de narration».
La «difficulté folle» à faire un
premier film, il l’a vécue avec Déficit, son long métrage présenté à la
Semaine de la critique en 2008. Ce passage derrière la caméra l’a
persuadé que, quel que soit le résultat final, «faire un premier film
est déjà un succès en soi». «C’est pour cela que je ne détruirai jamais
l’Å“uvre de quelqu’un», précise Gael.
Un principe qu’appliquent aussi les
autres membres du jury : «On a décidé de ne dire que les choses que
l’on a appréciées». Un exercice «plus sophistiqué et constructif, mais
aussi plus difficile que de discuter de ce qu’on n’a pas aimé, ou de ce
qu’on aurait aimé voir. De toute façon, on n’a pas de temps à perdre
pour ça !»