Soutenez

Festival Fantasia: Le diable est parmi nous

Les censeurs de l’époque ont cherché à le bâillonner, à le faire taire. Tout cela pour un peu de sexe, de sang et de violence. Il en fallait bien plus pour arrêter Ken Russell qui est rapidement devenu le réalisateur anglais le plus controversé des 50 dernières années. Pour sa 14e édition, le Festival Fantasia s’offre le «méchant» en personne, qui viendra présenter quelques-unes de ses Å“uvres en plus de recevoir un prix honorifique pour l’ensemble de sa carrière.

Connu principalement pour ses documentaires controversés à la BBC et le délirant film culte de science-fiction Altered States, le cinéaste britannique a été découvert par Hollywood en 1969 grâce à Women in Love (son long métrage préféré, sélectionné pour quatre Oscars), avant de faire couler beaucoup d’encre deux années plus tard avec The Devils, une relecture très personnelle d’une pièce de John Whiting et d’un livre d’Aldous Huxley.

Malgré le prix qu’elle a reçu à Venise, l’Å“uvre est bannie et amputée de nombreuses séquences, au grand dam de son créateur. «Plusieurs personnes trouvaient que c’était impensable de le diffuser intégralement, rappelle le vétéran réalisateur, qui vient tout juste de célébrer son 83e anniversaire. Je ne le pensais pas, car c’était une création vraiment originale.» Le public pourra enfin découvrir la version intégrale de ce récit tordu où des religieuses sont ensorcelées à l’époque du cardinal de Richelieu.

L’homme derrière les iconoclastes Gothic et autres The Lair of the White Worm aime déranger. Il ne s’en cache pas, c’est même ce qui l’allume. Transgresser, blasphémer, re­pousser les tabous : la subversion a souvent bien meilleur goût. «J’en ai besoin, c’est viscéral, raconte-t-il. Je n’ai jamais trop compris pourquoi. C’est la vérité lorsque je dis que ce sont les moments les plus extraordinaires de mes histoires.» La rétrospective qui lui est consacrée présente toutefois quelques essais plus «normaux», dont The Music Lovers, qui porte sur le compositeur Tchaïkovski, et le drame d’espionnage Billion Dollar Brain, qui met en vedette Michael Caine.

Avec une carrière couvrant plusieurs décennies, le réalisateur aurait pu être tenté de s’arrêter et de regarder en arrière pour voir ce qui a été accompli. Ce sera pour une autre fois. «Je ne changerais absolument rien à mon parcours, assure Ken Russell. Tout est parfait comme ça.»

The Devils
Théâtre Hall Concordia
Lundi à 22 h
Ken?Russell, photographe
Cinémathèque québécoise
Jusqu’au 27 août

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.