Bigflo et Oli: quand le rap veut raconter et réunir
Lui, c’est Olivio. Et lui, c’est Florian. Mais peut-être connaissez-vous davantage leur pseudonyme, Bigflo et Oli? Toulousains d’origine, les deux frères qui perfectionnent le rap «à textes» depuis leur jeune âge connaissent une ascension remarquable au Québec et partout dans la Francophonie. Après des passages électriques aux Francofolies de Montréal et plus récemment au MTelus, le duo a foulé vendredi dernier les planches du Centre Bell. Et il n’a pas déçu.
«Vraiment, c’est irréel pour nous de jouer dans un stade de hockey», lance Olivio en rigolant, lors d’une entrevue avec Métro peu avant le spectacle. À Montréal, le dernier passage des deux frangins remonte à septembre. Mais pour le reste du Québec, il faut aller jusqu’à 2017, quand ils avaient donné une série de spectacles dans plusieurs régions de la province.
«C’est toujours un plaisir de revenir ici. Avec le temps, on a l’impression d’avoir bâti une vraie relation de fidélité avec le public québécois», illustre le jeune artiste de 23 ans seulement.
Nés d’un père argentin, qui était aussi artiste, et d’une mère algérienne passionnée par la chanson française, Olivio et son frère grandissent avec la musique et «tombent» dans le milieu de la scène très tôt.
L’un étudie la trompette et l’autre, le piano, au conservatoire de Toulouse. Leur premier morceau, devenu une pièce d’anthologie pour plusieurs de leurs fans, sortira en 2001. Florian n’a alors que neuf ans et son petit frère en compte seulement six.
Les frères se donnent aussi comme principal objectif de ne pas rester confinés dans un seul style. «On est fans de rap, mais aussi de variétés», dit Olivio.
Une histoire à raconter
«Ça peut paraître prétentieux, mais je pense que les gens sont aussi touchés par notre histoire, relate le plus jeune des deux frangins. Au-delà de ce qu’on peut chanter ou dire, il y a aussi un vécu très symbolique derrière notre carrière. On fait de la musique authentique, simple, à textes. Et on vit ça en famille. C’est un rêve commun depuis le début.»
À l’image du reste de leur parcours, le succès d’«Oli» et de «Flo» n’est pas arrivé subitement au Québec. Il a mis du temps à se concrétiser, surtout à l’extérieur de Montréal. Et c’est tant mieux, croit Olivio.
«On a fait beaucoup de petites scènes au début, dont le Club Soda qu’on a adoré. Mais on s’est battus, on n’a rien lâché. On savait que mentalement, ça faisait dix ans qu’on était prêts à faire des stades. Ça a été une très belle montée, marches par marches, pour se rendre jusqu’ici. Et aujourd’hui, on savoure chaque seconde.» -Olivio Ordonez, alias Oli
10 000. C’est le nombre de spectateurs qui s’étaient entassés vendredi soir au Centre Bell pour voir Bigflo & Oli performer. Peu d’artistes ont réussi pareil exploit outre-mer récemment. Le phénomène belge Angèle, qui était à Montréal en juin, le fera à son tour en décembre prochain, peu avant les Fêtes.
La génération «YouTube»
À l’extérieur de la scène, Olivio et son frère sont aussi très connus auprès des jeunes, grâce à la présence qu’ils assurent sur le web. Ils y publient des vlogs de leur tournée, des vidéos en famille et participent à plusieurs autres vidéos humoristiques, dont celles des youtubeurs-vedettes McFly et Carlito.
«On a toujours évolué avec YouTube, se remémore Oli. Le but n’a jamais été de se servir de ça pour aider à vendre des billets. On aime ça, et on le fait avec tellement de plaisir, sans contraintes. Depuis le début, on a compris que pour nous, c’était un privilège d’interagir avec le public de cette manière-là.»
Fait de plus en plus rare dans l’industrie: les deux frères n’ont pas de gestionnaires de communauté. Autrement dit, ils produisent eux-mêmes leurs contenus, et en assurent la diffusion. «On gère tout à 100% et je pense que ça paraît dans le résultat», illustre le jeune Français.
Bigflo et Oli seront fort occupés dans les prochains mois. Dès leur retour en France, d’ici quelques jours, ils entameront une dernière tournée dans une dizaine de métropoles de l’Hexagone.
«Après, on veut essayer mon frère et moi de se prendre un peu de recul pour digérer tout ce qui nous est arrivé dans la dernière année, raisonne Olivio. On a besoin d’un temps, d’un peu d’air pour se rendre compte d’où on est, et ce qu’on peut encore amener.»
La vie de rêve
Bigflo et Oli
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