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La petite bande

Des gamins qui se voient tous les jours à leur école parisienne se serrent les coudes. Un de leurs copains qui n’a pas de papiers a été expulsé, et il en sera de même pour plusieurs autres camarades de classe. Devant le sentiment d’urgence et l’incompréhension du monde adulte, ils décident de passer à l’action…

«Les mains en l’air s’est écrit comme si ça allait de soi, explique son réalisateur, Romain Goupil. Il y a tellement de choses épouvantables qui se sont passées et qui continuent.» Tout d’un coup, le cinéaste se met à parler de ces hommes et de ces femmes entrés illégalement sur le territoire français qui sont morts en cherchant à fuir les autorités.

Contrairement à Welcome, de Philippe Lioret, et Eden à l’Ouest, de Costa-Gavras, qui portent sur le même sujet, Les mains en l’air est campé dans le monde de l’enfance. «Les enfants n’ont pas oublié ce que les adultes ont oublié, éclaire celui qui a remporté la Caméra d’Or pour Mourir à trente ans. C’est-à-dire de toujours protéger le plus faible, d’être solidaire, de ne pas dénoncer. Petit à petit, les adultes font des compromis et ils oublient des choses fondamentales comme ça.»

Selon Romain Goupil, un changement dans les mentalités doit s’opérer le plus rapidement possible. «De­puis l’élection de 2007 en France, il y a un gouvernement qui est très fier d’expulser les gens qui ont eu d’énormes problèmes. Normalement, on devrait protéger les enfants qui ont eu des drames dans leur famille, dans leur pays. S’ils peuvent venir en France – et ils sont arrivés –, on peut leur apprendre à lire, à écrire, à compter. On de­vrait être fiers d’agir ainsi au lieu de vouloir les renvoyer d’où ils viennent.»

Bien que réaliste, le film s’apparente parfois au con­te, comme en témoigne son introduction, qui se déroule en 2067. «Mais qu’est-ce qu’on pensera de tout ça dans 60 ans? se demande le réalisateur. C’est absurde, c’est honteux. Il y a quelque chose d’indigne dans ce qui est en train de se passer.»

Coïncidence
Romain Goupil doit rire dans sa barbe. La majeure partie de son long métrage Les mains en l’air se situe en 2009 dans une société française coercitive qui n’hésite pas à s’en prendre aux «étrangers». Et il met en vedette Valéria Bruni-Tedeschi – la belle-sœur de Nicolas Sarkozy –, qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour aider ces personnes dému­nies. Un hasard qui s’avère des plus ironiques.

«Ce film a été écrit avant qu’on apprenne la nouvelle, révèle le cinéaste. Après, Valéria a décidé de continuer en disant que ça n’aurait pas de conséquences sur ses choix… Sur le fond, bien sûr que quelque chose ne lui déplaisait pas. Elle est effectivement tout à fait en accord avec cette idée qu’il faut faire le maximum pour essayer de vivre ensemble, même si c’est compliqué, plutôt que de s’isoler les uns des autres.»

Les mains en l’air
En salle dès vendredi

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