Culture
19:43 2 octobre 2020 | mise à jour le: 2 octobre 2020 à 19:43 temps de lecture: 4 minutes

La culture soulagée par l’aide promise par le gouvernement

La culture soulagée par l’aide promise par le gouvernement
Photo: Orchestre symphonique de Montréal / Collaboration spécialeLes musiciens de l'OSM

En pleine deuxième vague de COVID-19, il s’agit d’un répit pour le milieu artistique. Celui-ci a accueilli favorablement l’annonce du gouvernement d’accorder une aide de 50 M$ à la culture, lui permettant d’entrevoir un futur moins incertain.

«Après l’élaboration d’une nouvelle programmation adaptée au contexte de la pandémie, l’adoption d’un rigoureux protocole sanitaire et une reprise de seulement quelques semaines devant un public limité à 250 personnes, la perspective de ne plus pouvoir toucher de revenus de billetterie pendant au moins un autre mois représentait un défi financier et organisationnel gigantesque. L’annonce d’aujourd’hui amoindrit l’impact des nouvelles directives annoncées au début de la semaine et nous permet de planifier nos activités des semaines et des mois à venir avec un certain filet de sécurité» a réagi Madeleine Careau, chef de la direction de l’Orchestre symphonique de Montréal, par communiqué.

«C’est une reconnaissance importante du rôle de diffuseur dans notre écosystème qui permettra aux salles de spectacles de maintenir le lien avec les spectateurs de leurs communautés. Mais, surtout, nous reconnaissons que cette aide est assortie d’une grande responsabilité, celle de poursuivre notre collaboration avec les artistes et les producteurs afin que ces derniers en bénéficient tout autant que le public», s’est pour sa part réjoui David Laferrière, président de l’Association professionnelle des diffuseurs de spectacles (RIDEAU).

L’ADISQ, pourtant habituée à prendre des risques, se dit prête à poursuivre le travail pour retrouver le public. «La pandémie de COVID-19 est une véritable catastrophe pour notre secteur, mais de sentir que le gouvernement est sincèrement attaché à notre musique nous permet de demeurer optimistes malgré les défis colossaux qui se présentent. Après un plan de relance qui prévoyait des sommes importantes pour notre secteur, nous prenons acte aujourd’hui d’une mesure d’aide qui paraît bien adaptée à la situation et aux particularités de notre milieu», a dit sa vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale, Solange Drouin.

Sophie Prégent, présidente de l’Union des artistes salue également l’aide qui sera accordée au secteur: «La ministre a bien saisi la détresse qui afflige les artistes, les créateurs, les professionnels et les artisans du milieu culturel, durement touchés depuis les fermetures et les annulations provoquées par les contraintes sanitaires des six derniers mois. Elle est consciente de l’urgence d’agir maintenant, partout où les événements culturels sont, une fois de plus, subitement stoppés.»

Réaction politique sur l’aide à la culture

Côté politique, la députée de Québec solidaire Ruba Ghazal a qualifié cette aide de «nettement insuffisante pour compenser les pertes occasionnées depuis six mois par la pandémie».

«Rembourser 75% des revenus en billetterie, c’est peut-être suffisant pour permettre aux gros joueurs de survivre, mais c’est loin d’être assez pour les plus petits, qui ont vu leur carnet de contrats s’arrêter à zéro depuis mars dernier! L’aide financière aux entreprises culturelles est évidemment bienvenue, mais il faut aussi s’assurer que l’argent se rende dans les poches de nos artistes, créateurs et artisans du milieu de la culture», insiste-t-elle.

En début d’après-midi vendredi, le premier ministre et la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, ont accordé un remboursement de 75% des revenus de billetterie des salles de spectacle qui ont dû fermer d’urgence à cause de l’alerte rouge. Cette mesure représente 50 M$ pour le secteur culturel.

Pour évaluer ces montants, Québec se basera sur les revenus des billetteries l’an passé. «Ça va permettre aux théâtres de payer au moins en partie leurs artistes et leurs artisans», a expliqué François Legault.

Cette mesure est valable pour une période de six mois, soit jusqu’au 31 mars.

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