Culture
11:28 9 octobre 2020 | mise à jour le: 9 octobre 2020 à 11:28 temps de lecture: 5 minutes

7e ciel: on craque pour «The Cloud in Her Room», «Encré dans la peau», «Sin la Habana»…

7e ciel: on craque pour «The Cloud in Her Room», «Encré dans la peau», «Sin la Habana»…
Photo: CourtoisieThe Cloud in Her Room

Les journalistes de Métro vous présentent leurs sept coups de cœur culturels de la semaine, dont les films The Cloud in Her Room et Sin La Habana et la série documentaire Encré dans la peau.

The Cloud in Her Room

Muzi est une jeune femme de 22 ans. Elle fume beaucoup. À Hangzhou, sa vie natale, elle retourne souvent dans l’ancien appartement de ses parents aujourd’hui séparés, seule ou accompagnée. Le premier film de Zheng Lu Xinyuan mérite toutes les attentions. D’abord parce que le vague à l’âme et les errances sentimentales de son personnage principal sont superbement racontés, décortiqués, filmés. Mais surtout parce que l’esthétisme de The Cloud in Her Room est incroyable, de l’onirisme de la cinématographie au grain vaporeux du noir et blanc. La mise en scène de la cinéaste chinoise n’est d’ailleurs pas sans rappeler le perfectionnisme d’Akerman, l’architecture des plans d’Antonioni. Le ton des dialogues (le nombre de cigarettes, aussi) est également digne d’un Godard ou d’un Jarmusch, sans jamais faire pâle figure. Merci le FNC!
Amélie Revert

Encré dans la peau

Pas besoin d’être tatoué pour apprécier cette série documentaire. Au-delà d’assister à la confection des nouveaux tatouages de plusieurs clients de quatre artistes – dont font partie quelques personnalités connues comme Safia Nolin, Marie-Lyne Joncas et Natasha Kanapé Fontaine –, on s’émeut des histoires marquantes de ceux qui, justement, font marquer leur corps à l’encre indélébile. Le tatouage sert ainsi de porte d’entrée pour parler d’enjeux comme le deuil, le rapport au corps et les relations familiales.
Sur Unis TV dès le 15 octobre
Marie-Lise Rousseau

Sin La Habana

Lui danseur de ballet, elle avocate, Leonardo et Sara rêvent de quitter Cuba pour une vie où tout deviendrait possible. La rencontre avec une touriste canadienne, Nasim, va nourrir l’espoir que ce couple amoureux et ambitieux attendait. À travers son film, Kaveh Nabatian questionne les rapports humains dans lesquels le choc des cultures déteindrait, mais aussi un lointain ailleurs que l’on croit toujours meilleur.
Sur online.nouveaucinema.ca jusqu’au 31 octobre
Amélie Revert

Shore de Fleet Foxes

Robin Pecknold, leader du groupe, a écrit cet album pendant sa dépression, sa thérapie, les manifestations BLM et l’actuelle pandémie. Il y parle de bouleversements intérieurs et mondiaux et du besoin de réconfort (self care) pour faire face à la saison froide. Il dit souhaiter que Shore soit un «gilet de sauvetage dans un océan de mauvaises nouvelles». Il y arrive fort bien avec ses mots poignants et un son folk rock aux accents seventies uniques. Alors, accrochons-nous, entourons-nous de beauté, et prenons soin de nous, seuls, mais tous ensemble, OK?
Josie Desmarais

Super comédie, de Peter Peter

À la première écoute, il y a ce quelque chose de très adolescent, très candide, dans la dream pop de Peter Peter. Mais on se rend vite compte que le disque pose un regard lumineux et sensible sur la spirale infernale de l’existence, aidé incontestablement par la voix sans genre de l’artiste et des synthétiseurs impeccables. Super comédie résumerait-il notre année 2020, entre isolement, angoisses, amours disparues et conversations par écrans interposés…?
Disponible sur les plateformes d’écoute
Amélie Revert

Verdunland

À Verdunland, il y a une ogresse nommée Nancy, un arbre du nom de Suzanne et un géant roux prénommé Günter. Le maire est un enfant, les parcs se déplacent dans les rues et on peut aller prendre un verre au bar miniature. Intrigués par ce curieux univers parallèle? Laissez-vous guider par les poètes Timothée-William Lapointe et Baron Marc-André Lévesque, idéateurs de ce Verdun utopique et magnifié qui a de quoi nous faire rire et rêver. Grâce à ce recueil de poésie ludique et enchanteur, vous ne verrez plus jamais le Quai de la Tortue, la rue Wellington et la place de L’Église de la même façon!
Aux éditions de Ta Mère
Marie-Lise Rousseau

Sainte Marie-Josée part en croisade

L’idée de départ est déjà extraordinaire : se moquer des «Karen», surnom donné à l’archétype de la femme privilégiée qui croit que tout lui est dû. Si l’exécution de ce court métrage n’est pas au point, on ne peut que saluer la performance exquise de Rosalie Vaillancourt dans la peau de Marie-Josée, une promotrice immobilière arrogante et colérique. Que ce soit en donnant des ordres à son conjoint ou en demandant à parler au gérant d’un magasin, elle incarne avec brio tous les travers du cliché devenu phénomène socioculturel.
En ligne aujourd’hui et demain sur le site de Juste pour rire
Marie-Lise Rousseau


Et on se désole pour…

Les cris du cœur sans réponse

Philemon Cimon avec sa guitare chantant une chanson sur le racisme systémique à la suite de la mort de Joyce Echaquan
Philemon Cimon

Les appels invitant François Legault à reconnaître le racisme systémique se multiplient depuis la mort de l’Atikamekw Joyce Echaquan. Après la chanteuse Elisapie, c’était au tour de Philémon Cimon cette semaine d’interpeller le premier ministre avec une chanson directement adressée à lui. Malgré leurs cris du cœur ainsi que les demandes répétées des communautés autochtones et racisées du Québec, le gouvernement s’entête à ne pas reconnaître le problème.
Marie-Lise Rousseau

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