Marie-Jo fait son cinéma
«Un petit film sonore» : c’est ainsi que Marie-Jo Thério décrit son dernier opus, Chasing Lydie. A-t-elle été tentée de faire un «vrai» film de ce projet? La réponse fuse spontanément : «Moi, je sais pas faire ça! lance-t-elle avec un petit rire gêné. Je peux juste faire ce que je sais faire!»
Mais la chanteuse a tout de même décidé de sortir des sentiers battus pour créer ce nouvel opus, son premier depuis Les matins habitables en 2005. «Mais déjà avant celui-là, le projet de Chasing Lydie était déjà en train de germer, affirme-t-elle. Lydia Lee a été dans le décor depuis que je suis allée pour la première fois au Massachusetts, au début des années 2000.»
Lydia Lee est le personnage central de cet album double, mais c’est surtout la grand-tante de Marie-Jo Thério, émigrée aux États- Unis à la fin des années 1920. «Je n’ai jamais connu mon grand-père maternel, ni Lydia Lee, qui était sa sÅ“ur, mais j’en ai beaucoup entendu parler. Ça faisait longtemps que j’étais très intriguée, très attirée par elle. Elle est le point de départ de ce projet.»
Avec Chasing Lydie, la chanteuse acadienne transporte le public dans les États-Unis des années 1930, sur les traces de sa grand-tante. Elle a poussé la nostalgie jusqu’à lancer d’abord son album sur disque vinyle – les versions numériques et sur CD ne seront disponibles que mardi.
«J’ai eu envie de sortir le disque sous cette forme pour proposer une écoute un peu linéaire, mais festive. Je voulais que les gens partent du point A et fassent vraiment le voyage jusqu’à la fin du vinyle, en tournant le disque de côté, en plaçant l’aiguille, en prenant le temps, sans pouvoir passer en avance rapide… Je voulais proposer un retour à une écoute soutenue. Et puis, c’est un album sur le temps. On y sent l’éminence de la vie, qui est courte.»
Si la thématique de l’opus a dicté le support sur lequel il allait être présenté, chanter pour la première fois dans la langue de Shakespeare s’est imposé de façon tout aussi naturelle. «L’anglais, c’est quelque chose que je n’avais pas vu venir, avoue-t-elle. Ce n’est pas ma première langue, ce n’est pas ma manière instinctive de laisser sortir les choses. Mais il fallait que je plonge dans un univers, et cet univers est anglophone. Je pense que c’est intéressant parce que je parle d’émigrants canadiens-français qui ont émigré aux États-Unis, donc ça reste ancré dans une réalité personnelle.»
Lydie sur scène?
entrevue. Qui dit album-concept, dit spectacle-concept, Marie-Jo Thério le confirme. Mais pour le moment, la chanteuse tient à demeurer discrète sur la façon dont Chasing Lydie se traduira sur scène. Elle a néanmoins déjà sa petite idée là-dessus : «Avant même de commencer l’expérience d’enregistrement d’un album, je pense toujours à comment ça va se passer en spectacle.
Je suis vraiment comme… un oiseau qui a hâte de s’envoler sur la scène. Mais ça sera une autre étape, pour l’hiver 2012. Je vais me reposer un petit peu avant. Ç’a été une odyssée. L’album est dense, il faut que je le digère.»
Chasing Lydie
En magasin dès mardi (CD)
Présentement en magasin (vinyle)