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Thor: de Shakespeare à Marvel

Jérôme Vermelin - Métro France

Lorsque le nom de Kenneth Branagh est apparu au générique de la future adaptation de Thor, le superhéros au look de Viking, certains cinéphiles ont cru à une faute de frappe ou à la mauvaise blague. Qu’allait faire l’acteur et réalisateur irlandais, habitué des tragédies shakespeariennes, dans le monde magique de Marvel, le plus populaire éditeur de comics en Amérique?

«Je suppose que je fantasmais un peu à l’idée de réaliser un jour un grand film populaire, sourit l’intéressé, dont la carrière derrière la caméra a connu des hauts (Henry V, en lice aux Oscars, le thriller Dead Again) et quelques bas (Frankenstein, massacré par la critique).

Ces dernières années, c’est à la télé que ce touche-à-tout infatigable s’est illustré en interprétant le commissaire Wallander dans la série inspirée des romans de l’auteur suédois Henning Mankell.

«J’avais faim d’un nouveau défi, expli­que Branagh. J’approchais de la cinquantaine, je venais de perdre mes parents, et avec ma femme (la directrice artistique Lindsay Brunnock, ndlr), on s’est dit que c’était le moment où jamais de partir à l’aventure.»

Direction Los Angeles, fin 2008, où, après le départ de Matthew Vaughn, le réalisateur du récent Kick Ass, l’ami Ken est recruté pour apporter son sens de la tragédie à l’histoire racontant l’exil sur Terre de Thor (le nouveau venu Chris Hemsworth), chassé de la planète Asgard par son paternel Odin (Anthony Hopkins) à la suite d’une machination de son frangin Loki (Tom Hiddleston, aperçu dans Wallander).

«Le cÅ“ur de ce film, c’est l’histoire d’un type arrogant qui devient soudain très vulnérable et qui apprend des tas de choses sur lui-même et les autres en cours de route, explique Branagh. Lorsqu’il est confronté aux humains, certaines situations sont cocasses, mais je ne voulais pas que le public se moque du personnage. Cette volonté de sérieux a imprégné tous mes choix dès le départ.»

Pendant près de trois ans, le cinéaste supervise chaque étape de la superproduction, du casting à la conversion 3D, en passant par la création des costumes et des somptueux décors d’Asgard.

Son flegme britannique a-t-il été mis à rude épreuve par le rouleau compresseur hollywoodien? «L’éthique de travail des Américains sur ce genre de film est hallucinante, insiste Branagh. Est-ce la peur de l’échec? L’enthousiasme? La passion? Je ne sais pas, mais sur un plateau de tournage européen, il y a des plages de respiration, comme dans un bon morceau de musique.»

«En Amérique, c’est impossible! poursuit-il. Si bien que je faisais attention à ne pas dépasser les horaires, pour aller me balader le soir sur la plage et prendre un peu de recul. Mais je ne regrette rien. Cette énergie permanente… C’était comme dans un rêve.»

Thor
En salle dès vendredi 6 mai

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