Deux en deux pour U2
«Hier, c’était extraordinaire, mais ce soir, nous allons frapper encore plus fort!» Tel est l’avertissement que Bono et sa bande ont lancé à leurs 80 000 fans québécois, samedi, durant les premières minutes de leur deuxième et dernier concert à l’Hippodrome de Montréal. Un spectacle qui – hormis la présence de Julia Roberts dans les gradins et deux petits changements au programme (Hold Me, Thrill Me, Kiss me, Kill me et Stay (Faraway, So Close) ont été remplacées par Ultra Violet et Stuck in a Moment You Can’t Get Out of) – ressemblait beaucoup à celui de la veille: une panoplie de tubes (Vertigo, Beautiful Day, Sunday Bloody Sunday), quelques messages à vocation sociale, plusieurs élans de générosité et des milliers d’amateurs ravis.
On avait beau avoir vu les images à la télé, lu les commentaires de la presse étrangère ou encore visionné le DVD du show dans son intégralité, rien ne pouvait nous préparer à vivre une expérience d’une telle intensité.
C’est avec Even Better Than the Real Thing, une pièce tirée d’Achtung Baby (1991), que le concert a débuté. Un à un, les membres de la formation irlandaise sont montés sur scène, à commencer par Larry Mullen Junior (batterie), The Edge (guitare), Adam Clayton (basse) et Bono (voix).
D’entrée de jeu, le charismatique chanteur a mis la foule dans sa poche grâce à quelques débordements d’énergie bien ciblés. Pendant Mysterious Ways, il a même testé l’obéissance de ses fans en balançant ses bars de gauche à droite dans les airs. Résultat: naissance d’un véritable raz de marée au parterre.
Impossible de parler de cette tournée U2 360° sans mentionner «la griffe», cette gigantesque structure métallique qui s’élève à plus de 45 m au-dessus des planches. Le groupe a beau se produire sous ce colosse, il ne se laisse jamais avaler par la technique. Même lorsque le monstre s’illumine, se métamorphose et s’anime, U2 demeure le centre d’intérêt, le point focal du spectacle.
Le concept de la navette spatiale comporte toutefois quelques inconvénients, notamment lorsque Bono disparaît derrière l’une de quatre pattes de l’échafaudage. Tout dépendant de leur emplacement sur le site, certains amateurs perdaient alors de vue le rockeur aux verres fumés. À ces (trop nombreuses) occasions, valait mieux se rabattre sur l’écran géant de forme cylindrique qui, de son côté, était bel et bien visible de tous les côtés. U2 360°? Plutôt 270°, diront certains.
Alors que la plupart des stars internationales se contentent de machinaux «Hello Montreal», Bono, met le paquet quand vient le temps de séduire ses hôtes. Histoire de personnaliser l’arrêt du groupe dans la belle province, il a multiplié les allocutions en français durant les 140 minutes du concert… sans compter un clin d’œil au Cirque du Soleil et des duos impromptus avec des spectateurs (il a notamment invité un petit garçon de 10 ans à venir le rejoindre sur scène pendant Elevation). Après une grandiose Where The Streets Have No Name, il a même entonné quelques lignes du célèbre Gens du pays de Gilles Vigneault («Cher Montréal, c’est votre tour de vous laisser parler d’amour», a-t-il lancé).
Au rappel, les amateurs ont eu droit à One (pendant laquelle défilaient des images de l’époque où U2 n’avait pas encore reçu le titre du «plus grand groupe rock de la planète»), quelques mesures d’Hallelujah, le classique de Leonard Cohen, Moment of Surender et With or Without You, après laquelle Bono a pris le temps de saluer la présence de Julia Roberts dans les estrades.