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Le melting-pot musical de Moriarty

Photo: Gen Murakoshi

Moriarty, ce n’est pas seulement le nom de l’ennemi juré de Sherlock Holmes, c’est aussi le nom d’un groupe franco-américain qui propose une musique atypique aux accents cosmopolites. Métro s’est entretenu avec Arthur Gillette, guitariste et pianiste du groupe qui est de retour ce soir dans la métropole.

The Missing Room, votre deuxième album est dans la continuité du premier, paru en 2007. Pourtant, on a l’impression que vous avez mûri. On a voulu effectivement créer quelque chose de différent, surtout parce que c’est un album qu’on a fait après une tournée de 300 concerts dans 20 pays. On l’a plus pensé pour la scène. Artistiquement, il a été essentiellement nourri par la route.

Est-ce là que vous puisez les sons autres que ceux des instruments?
Oui, au gré des rencontres. Il y a des sons enregistrés dans un aéroport au Kansas, une femme qui chante un petit conte dans une ville américaine, une vieille publicité qui jouait dans les Nickelodeons. Il y aussi beaucoup de sons d’ambiance.

Quelles sont vos sources d’inspiration?
Je pense qu’on aime la musique où l’histoire est importante. On ne fait pas juste chanter du yaourt qui ne veut rien dire. Il faut que ça ait du sens et que les gens puissent être touchés. Pour la musique, il faut imaginer qu’on est une sorte de mer avec plein de courants différents.

On sent qu’il y a des couleurs country, blues et folk dans votre musique. Ce sont un peu vos influences, non?
Chose certaine, on adore les musiques traditionnelles, qu’elles soient de l’Afrique de l’Ouest ou du Mississippi – où on a enregistré beaucoup de musiques. Mais c’est sûr que la voix de Rosemary (NDLR : la chanteuse) qui a appris avec son père, chanteur de folk américain, et qui a conservé son accent de l’Indiana, contribue à nous donner cette couleur.

Il est certain que la voix de Rosemary s’impose comme la signature vocale du groupe, mais votre musique est assez atypique.
Rosemary contribue à notre popularité parce que c’est une voix inhabituelle. Mais notre utilisation à contre-courant des instruments est notre signature musicale. Quand il y a une mélodie très belle, il y a toujours un des musiciens qui va la salir et la rendre plus bizarre. C’est discret, mais c’est ce qui fait qu’on ne fait pas de la pop.

Vous n’en êtes pas à vos débuts; pourtant vous compter seulement deux albums…
On fait du slow music mouvement. (Rires) Mais, on peut se le permettre. C’est d’ailleurs pour ça qu’on a créé notre label. Et puis, comme on fonctionne avec un système d’unanimité pour le choix des chansons, tant qu’il y a un membre du groupe qui n’y trouve pas son compte, la chanson ne sort pas. On a donc plus de 300 chansons qui sommeillent.

Justement, comment travaillez-vous ensemble?
On est un peu comme des frères et sœurs : on se connaît très bien et depuis très longtemps, alors on s’aime, on se chamaille et on se retrouve. L’amitié, c’est quelque chose d’important dans notre musique, qu’on ressent tant sur les disques que sur scène. D’ailleurs, après chaque concert, on aime aller à la rencontre de notre public.

Moriarty
Au Cabaret du Lion d’or
Vendrdi soir à 20 h

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