Des fourberies avec les moyens du bord
Si elle avait eu plus de moyens pour monter Les fourberies de Scapin, Denise Filiatrault aurait sans doute poussé encore plus loin la mise en scène façon commedia dell’arte qu’elle a privilégiée.
Ce qui ne signifie pas qu’elle soit déçue du résultat, bien au contraire : «Pour renouveler un texte joué aussi souvent au théâtre, on y va de son imagination et des moyens qu’on a, surtout. On n’a pas beaucoup d’argent, c’est normal. On est un marché plus petit qu’en France ou aux États-Unis… L’idée, c’est de faire ce qu’on peut avec ce qu’on a!»
Les fourberies de Scapin met en vedette un valet, incarné par David Savard, prêt à tous les mensonges et astuces pour arriver à ses fins. La metteure en scène a choisi ce dernier après l’avoir vu jouer au TNM. «J’ai trouvé qu’il avait le physique et la fantaisie nécessaires pour interpréter Scapin», explique-t-elle.
Denise Filiatrault n’en est pas à sa première rencontre avec cette comédie de Molière, qu’elle avait déjà montée il y a 20 ans. «Au départ, je devais être en tournage cet été, et ça aurait été trop de travail de monter une pièce en même temps, explique-t-elle. J’ai donc choisi Les fourberies parce que c’est une œuvre que je connais bien. Mais comme je n’ai pas obtenu le financement pour tourner mon film, j’ai décidé de garder le même choix de pièce, mais je me suis permise de m’amuser à changer la mise en scène.»
Située dans le milieu du cirque, la mise en scène est fortement teintée du style de la commedia dell’arte, ce que Denise Filiatrault a choisi de mettre de l’avant notamment parce que cela se rapproche beaucoup de la façon dont Molière a imaginé la pièce. «Il y a tout de même quelques anachronismes!» précise-t-elle.
Si Denise Filiatrault n’a pas de film à tourner, son été ne sera pas de tout repos pour autant, puisque La mélodie du bonheur reprend aussi du service dans la Vieille Capitale en juillet. «J’ai dû trouver de nouveaux enfants pour jouer la famille Von Trapp, puisque ceux de l’an passé ont grandi et mué, explique-t-elle. Ça va être de la gymnastique, mais après, je compte bien me reposer!»
Les fourberies de Scapin
Au Monument-National
Jusqu’au 9 juillet