Jessica Chastain: sortir de l'ombre
Jessica Chastain, une comédienne de 30 ans pratiquement inconnue, est la vedette du film Tree of Life (L’arbre de la vie), de Terrence Malick. Elle y interprète l’épouse de la superstar Brad Pitt et la mère de leurs trois enfants. Nous l’avons rencontrée.
Comment avez-vous décroché votre rôle dans le film Tree of Life? Par l’intermédiaire de Terrence Malick?
À ma première audition, il était absent. Elle s’est déroulée en présence du régisseur de distribution et du producteur Nick Gonda. Ils ne voulaient pas que je joue une scène. Ils se concentraient sur le comportement et l’observation du jeu, des mouvements et de la façon de s’exprimer de la personne, comme si elle était dans un film de Terrence Malick. Par exemple, ils m’ont demandé d’endormir un bébé en lui chantant une berceuse, de regarder quelqu’un avec amour et respect et de réciter un petit bout de dialogue tiré d’une pièce d’Eugene O’Neill, seulement pour entendre ma voix. Quelques jours plus tard, on m’a demandé si je voulais rencontrer Terry. J’étais ahurie!
Comment s’est déroulée votre première rencontre?
Nous avons déjeuné ensemble. Il m’a posé de nombreuses questions sur moi. Nous nous sommes ensuite rendus
au bureau de production, où les producteurs et lui m’ont remis certaines pages du scénario. Nous avons beaucoup lu, en
fait, pendant toute la journée. Je me souviens d’avoir dit à mes amis que, même si je ne travaillais pas avec lui pour ce
film, je serais toujours reconnaissante d’avoir passé du temps avec lui. Par la suite, j’ai participé à quelques auditions. C’était difficile, puisqu’un grand nombre d’actrices célèbres étaient intéressées par le rôle.
À quel point votre collaboration avec Terrence Malick a-t-elle changé votre vie?
Il sera toujours l’un des meilleurs professeurs que je connaisse. Il a pris un risque important en me confiant ce rôle. Il a changé ma vie en tant qu’actrice et aussi en tant que personne. Terrence Malick est le genre de personne qui pose sans cesse des questions comme «Pourquoi sommes-nous ici?» et «Quel type d’être humain choisissons-nous d’être?» J’y réfléchis tous les jours. Dans le film, je joue une femme qui représente l’incarnation de la grâce et de l’amour désintéressé. Elle dit qu’à moins d’aimer, la vie passe comme un éclair. Ce film m’a vraiment ouvert les yeux.
Et comment est-ce, travailler avec Brad Pitt?
Je suis très timide, un peu maladroite, mais, lorsque Terry m’a annoncé que Brad Pitt ferait partie de la distribution, j’ai eu de la difficulté à rester calme. J’étais avec mes amis et j’ai écrit «Brad Pitt!» sur un morceau de papier. Lorsqu’il s’est présenté à la répétition, il est arrivé tout seul, en moto. Comme un gars normal! Mon anxiété a disparu en une minute tellement il a su me mettre à l’aise!
Le film a été tourné dans la banlieue d’une ville du Texas. À la fin, vous y sentiez-vous comme à la maison?
J’ai passé trois mois là-bas avec les garçons. Brad était là la moitié du temps, comme dans le film. J’ai passé beaucoup de temps avec les enfants. Sur le plateau, je leur faisais des sandwichs et je les réconfortais lorsqu’ils étaient tristes. Comme nous passions tout notre temps ensemble, la fin du tournage a été déchirante pour moi. Parce que je ne suis pas mère leur départ a laissé un grand vide dans ma vie. Tous les jours, à longueur de journée, j’étais avec eux, et, soudainement, ils n’étaient plus là!
Brad Pitt défend l’œuvre de Terrence Malick
Gagnant de la Palme d’or au Festival du film Cannes le mois denier, le déroutant Tree of Life avait pourtant été sifflé par une partie de la salle à l’issue de sa première projection. Une réaction peut-être un brin excessive pour cette chronique familiale qui effectue l’aller-retour entre les années 1950 et le présent, entrecoupée de séquences cosmiques sur l’origine du monde. On y croise même deux dinosaures, dignes de Jurassic Park! Brad Pitt défend l’œuvre du réalisateur Américain Terrence Malick.
«Sa structure est pour le moins ingénieuse, un mélange de micro et de macro, mais j’espère que ce film parlera à toutes les
cultures, explique-t-il. Il raconte le passage de l’état d’enfant à celui de jeune adulte, comment on réussit certaines choses dans sa vie et pas d’autres. Ayant moi-même grandi dans la religion chrétienne, je me suis posé beaucoup de questions que le film soulève.»
Co-producteur de The Tree of Life avec sa société Plan B, le conjoint d’Angelina Jolie a confirmé, après ses collaborations avec les Fincher, Tarantino et autres frères Coen, son statut de star qui ne craint pas de prendre des risques.
«Il y a 10 ans, je me suis posé et j’ai réfléchi à ce que j’aimais le plus au cinéma. Et ce n’était pas les superproductions. Le temps passe, et j’ai envie de laisser quelque chose qui compte derrière moi.»
The Tree of Life
En salle dès vendredi