Le nouvel Albin de la Simonne, serein
Albin de la Simone le dit en toute honnêteté. Sur son dernier disque solo, il s’est libéré de son envie «de mettre un costume qui brille». «Aujourd’hui, je crois que je suis fort lorsque je suis simple et naturel», confie-t-il. Résultat, son quatrième album, Un homme. Simple. Naturel. Et fort.
On le sait, les histoires d’Albin de la Simone sont parfois vues, parfois vécues. Sur Un homme, sa toute nouvelle offrande, le parolier caméléon raconte de nouveau des choses qui lui sont tantôt arrivées à lui, tantôt à d’autres. Pour ce qui est de la thématique, ce n’est qu’à la toute fin de l’écriture qu’elle s’est révélée. Quand il a eu composé toutes ses chansons.
De passage à Montréal, Albin prévient qu’il ne veut «surtout pas dénigrer ses précédents albums», mais qu’avec celui-ci, c’est la première fois qu’il se sent «serein avec ses questions». «Le disque est quand même bourré de doutes, remarque-t-il, mais finalement, je me sens en paix avec toutes les interrogations que je n’ai pas encore résolues.» C’est peut-être ça, le truc, se dit-il d’ailleurs. Peut-être qu’en arrêtant de croire qu’on peut tout résoudre, on est plus tranquille?
Un de ses nouveaux morceaux, Ma crise, évoque l’importance de l’acceptation. «C’est la crise, c’est la crise qui m’épuise, rien à faire / C’est la crise, c’est la crise qui s’éternise, on va s’y faire», chante-t-il. «Dans cette chanson, je ne dis pas que ça va passer; je dis qu’on va s’y habituer! explique-t-il. Parce qu’il faut vivre avec. Pour parvenir à une certaine sérénité, il faut un peu d’acceptation, j’ai l’impression.»
L’artiste de 42 ans affirme que la crise du titre peut être perçue comme celle de la quarantaine, oui, mais pas forcément. «Dans cette pièce, le personnage, c’est moi. Quelqu’un qui essaye toujours de changer quelque chose à sa vie pour améliorer son sort. J’ai longtemps procédé ainsi. Je me suis fait opérer les yeux pour ne plus être myope, j’ai arrêté de boire de l’alcool en me disant que ça causait trop de problèmes… Pendant trois mois, j’emmerdais tout le monde à dire : ‘‘Tss-tss, il ne faut plus boire’’, pour après, quand j’ai recommencé, dire : ‘‘Ah! Ce n’est pas moi; c’est la crise!’’»
Malgré tout, il confie se sentir «tranquille» avec cette nouvelle collection de chansons. Se reconnaître en elles. «Peut-être qu’il y a des complexes que je n’ai plus. Des envies de faire du bruit, d’impressionner qui ont disparu…»
Lui qui a souvent écrit loin, très loin de Paris a décidé, cette fois-ci, de rester à la maison. De mêler vie quotidienne et création. «Aller s’isoler au bout du monde sur une plage paradisiaque, c’est vrai que ça rend les choses plus faciles, concède-t-il. Mais d’un autre côté, je trouvais ça un peu bizarre de porter en moi cette dichotomie. De jouer avec beaucoup de gens, de faire mes concerts devant public, mais de m’isoler pour écrire. J’ai fini par trouver ça trop étrange et par me dire : il n’y a pas de raison que je ne sois créatif que dans l’isolement; que je sois incapable d’écrire juste comme ça, dans un café.»
Amoureux de Montréal – la seule ville qu’il connaît «presque aussi bien que Paris» –, Albin promet de revenir très vite, probablement quand reviendront aussi les beaux jours. «Avant même de finir l’enregistrement, je jouais déjà certaines chansons sur scène. Je les interprète tout seul, au piano électrique Wurlitzer, accompagné par une violoniste et une violoncelliste. Ça donne un trio dans lequel je me sens libre et très à l’aise. J’ai beaucoup de plaisir à faire ça.»
Et si on est gentils, on pourra le voir dans cette formule, nous aussi. «Théoriquement, confie-t-il, je vais présenter un spectacle aux FrancoFolies dans cette version-là. Enfin, j’espère. Ce serait merveilleux…»
Un homme
En magasin