Nous sommes We Are Wolves
Sur La Mort Pop Club, le quatrième album de We Are Wolves, le guitariste et chanteur Alexander Ortiz et le claviériste Vincent Lévesque ont «ouvert leur spectre sonore». Explications des deux loups fondateurs.
La production de La Mort Pop Club semble plus slick, plus polie. Enfin, polie façon We Are Wolves! L’avez-vous travaillée en ce sens?
Alexander Ortiz : Hmm, je ne pense pas qu’on se soit dit d’emblée : «Là, on veut faire un album qui sonne propre, mais qui a quand même du edge.» C’est peut-être un cheminement qu’on a fait pendant qu’on travaillait les chansons. On se disait : «Ça, ce n’est peut-être pas nécessaire. Ça non plus…» On a aussi exploré notre façon de jouer de la musique différemment. Les fréquences ne sont pas toutes coincées ensemble, comme dans notre premier album… sur lequel on savait plus ou moins jouer!
Vincent Lévesque : C’est vrai qu’à l’époque on faisait toujours les trois mêmes notes. En même temps. Dans les mêmes fréquences.
Alexander : Ouais, on disait OK! Go! Tout en même temps! Ça sonnait coincé. Après 10, 12 ans, on a fini par se dire : «Plutôt qu’aller chercher cette note qui va de soi, on devrait peut-être aller chercher cette autre, qui fait une transition.» J’imagine que ç’a ouvert le spectre sonore!
Vous dites souvent qu’en 13 ans, la chose la plus importante que vous ayez apprise, c’est jouer de la musique…
Vincent : Ce ne sont pas des blagues! (Rires)
Alexander : C’est vrai! Même encore! C’est fou! Il y a une méchante différence quand on joue de la musique avec de vrais musiciens, qui ont eu une vraie éducation musicale. Ce sont deux mondes vraiment à part!
Dans la dernière chanson du disque, Sudden Little Death, Alex, tu chantes : «Je suis un loup, je suis un homme, je suis un homme confus» («I’m a wolf, I’m a man […] I’m a confused man»). En tant que groupe, auriez-vous eu une petite crise identitaire?
Vincent : Je pensais qu’elle serait plus grosse que ça, cette crise, mais l’album est tellement concis et tellement rock que, finalement, j’ai l’impression que c’est vraiment ça, We Are Wolves!
Alexander : C’est vrai que quelqu’un qui connaît notre parcours et notre musique pourrait dire que cette chanson nous définit vraiment. Mais étrangement, je trouve qu’elle aurait pu exister sur n’importe quel album… et n’importe où dans la vie. Tout le monde est un peu confus, vit constamment une certaine crise.
On trouve sur ce disque une pièce entièrement portée par un vocodeur, Mirror. Vous vous êtes fait plaisir?
Vincent : Oui! C’est moi qui chante là-dessus. On a toujours bien aimé ces trucs-là…
Alexander : Ça nous a toujours touchés, ce genre de voix très froide. On en utilisait un petit peu, mais là, c’est vrai qu’on l’a utilisé sur la chanson au complet. C’est plus assumé. C’est notre façon de montrer que, sur cet album, même si on a des chansons plus rock que jamais, comme As The Moon Sets, on se permet d’avoir un morceau complet avec un vocodeur! Ça traduit bien cette idée de confused man, d’homme confus. Car la vie est une dichotomie constante.
Est-ce que, en 13 ans, les raisons pour lesquelles vous faites de la musique ont changé?
Vincent : Hmm… oui? Mais… non? Disons que la place de la musique dans ma vie a beaucoup changé. Au début, c’était pour me sortir de mon quotidien et, finalement, c’est devenu mon quotidien! Mais je crois que l’intention est restée la même.
Alexander : Tu l’as dit : la musique a pris un autre rôle. Elle est devenue une entité. Notre mode de vie. Un vrai travail, mais un travail plein de passion.
Vincent : Avant, c’était une échappatoire à tous les soucis qu’on pouvait avoir. Aujourd’hui, ça comprend certains soucis, mais ça comprend aussi une grande part d’accomplissement…
La Mort Pop Club
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