Culture

«We Live in an Ocean of Air»: aux racines de notre respiration

Photo de l’installation «We Live in an Ocean of Air» Photo: Saatchi Gallery/Courtoisie

Plusieurs expositions explorent cet automne notre rapport avec la nature. C’est le cas de l’installation de réalité virtuelle We Live in an Ocean of Air, qui démontre avec une grande dose de poésie que nous vivons en symbiose avec les écosystèmes qui nous entourent.

Tout est noir. On inspire. Pause. On expire. Des centaines de minuscules bulles bleues apparaissent alors sous nos yeux. On répète l’exercice. À chaque respiration, notre propre souffle s’anime.

Non, nous ne sommes pas dans un atelier de méditation, mais plutôt au deuxième étage du Centre Phi, où est présentée l’installation artistique immersive et sensorielle We Live in an Ocean of Air, du studio londonien Marshmallow Laser Feast.

Avant de se lancer dans cette expérience contemplative de 20 minutes, on enfile le matériel nécessaire: deux bracelets aux poignets pour enregistrer les battements de notre cœur et une pince sur le lobe d’oreille pour capter notre respiration, en plus d’un sac à dos et d’un casque de réalité virtuelle (RV) muni d’écouteurs.

Symbiose

Photo de l’installation «We Live in an Ocean of Air»

Très lentement, un paysage prend forme sous nos yeux. Nous voilà au parc national de Sequoia en Californie, là où se trouve le plus grand arbre au monde. Magie de la RV, il est possible de marcher à travers son écorce pour se retrouver à l’intérieur de celui-ci.

À première vue réaliste, l’arbre se transforme peu à peu pour prendre une forme abstraite et impressionniste, aux textures et aux couleurs variées. L’expérience devient alors vertigineuse. Lorsqu’on regarde au sol, les racines se déploient à l’infini. Même chose lorsqu’on dirige notre regard vers le haut. Il n’y a ni début ni fin.

Pendant ce temps, notre respiration continue à s’animer sous forme de bulles, se fondant dans cet environnement aux allures psychédéliques. C’est alors que se produit le déclic: la connexion intrinsèque, mais invisible, qui nous unit avec la nature de dessine sous nos yeux.

C’est exactement l’intention de l’œuvre, explique un de ses créateurs, Barney Steel. «On vit dans l’illusion que la nature et nous sommes deux entités distinctes, mais scientifiquement, nous sommes tous liés par la respiration.»

Selon lui, la RV est le médium idéal pour rendre visible cette connexion. «C’est extraordinaire, ça permet de sortir de notre peau. On peut alors capter l’essence d’un environnement et ressentir à quel point nous sommes en symbiose avec les arbres et la nature. C’est une connexion très intime.»

Une expérience méditative

Tout au long de cette expérience onirique, on vit une coupure totale avec la réalité. Pendant 20 minutes, on est immergé corps et âme dans un monde parallèle. On en ressort aussi détendu qu’après une visite au spa.

Cela n’est pas un hasard, explique Barney Steel. «Le projet a d’abord et avant tout été guidé par la science, mais comme on suit le cycle de la nature, qu’on passe du jour à la nuit en phase avec le rythme de notre respiration, ça a un impact puissant sur notre bien-être», dit-il.

Tout au long de l’expérience, nous sommes conscients de notre respiration. Ça nous connecte davantage avec nos émotions et moins avec notre intellect.

Barney Steel, cocréateur de We Live in an Ocean of Air

La responsable des partenariats nouveaux médias et des relations publiques au Centre Phi, Myriam Achard, raconte avoir éprouvé cette même sensation relaxante après avoir vécu l’expérience à la galerie Saatchi à Londres, où l’œuvre a d’abord été exposée.

Réflexion philosophique, scientifique et artistique sur notre rapport avec la nature, We Live in an Ocean of Air fait l’effet d’une bouffée d’air frais salvatrice dans nos quotidiens effrénés.

Deux groupes de six personnes peuvent vivre simultanément l’expérience présentée en primeur nord-américaine à Montréal. Le Centre Phi chapeautera ensuite la tournée de l’installation immersive au Canada et aux États-Unis.


We Live in an Ocean of Air

Jusqu’au 16 janvier au Centre Phi

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