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La simplicité volontaire de Nicolas Pellerin

Jessica Émond-Ferrat - Métro

L’intérêt de Nicolas Pellerin pour la musique traditionnelle, qu’il explore depuis ses débuts dans le monde de la mu­sique, s’explique par une caractéristique de celle-ci : la simplicité.

«Les chansons trads racontent souvent des histoires toutes simples, mais qui ont plusieurs degrés, chantées sur de petites mélodies simples… Je trouve que c’est cool comme point de départ, lance-t-il. Tu commences avec une petite histoire, une petite mélodie, et tu fais ce que tu veux avec. C’est là que le trip de création embarque, Il y a plusieurs étapes, plusieurs couches à mettre avant de pouvoir donner une couleur à une pièce, et ça me fait triper!»

Car, encore une fois, pour ce second album de Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs – Simon Lepage et Simon Marion –, les trois comparses ont fait le pari de revisiter des pièces du répertoire traditionnel de divers pays pour les adapter à leur sauce, en plus de composer leurs propres chansons à saveur trad.

«Moi, j’ai toujours joué juste du traditionnel, rappelle le jeune homme. Pas seulement du répertoire québécois, mais aussi scandinave, breton… J’aime ça, fouiller, trouver du répertoire.» Et il en compose aussi, en jammant tout seul, par exemple : «Je trouve des patterns le fun et j’essaie de les pousser plus loin. Je ne m’impose pas de règles précises, puisque le but, c’est de faire du trad, mais en plus moderne, contemporain, progressif à la limite.»

Nicolas Pellerin soutient toutefois que la com­po­sition se fait en groupe. «On compose parfois tous les trois ensemble, ou on essaie des trucs chacun de notre côté, vu qu’on a tous notre studio chez nous. On s’envoie nos affaires, et si la toune ac­croche, on travaille dessus.»

Pour ce qui est des pièces qu’il adapte, le musicien explique qu’il joue beaucoup avec des rythmiques irrégulières,  des rythmes différents de ce qu’on est habitués d’entendre. «Souvent, ça n’a plus rien à voir avec la pièce originale quand on a fini! s’exclame-t-il. Mais même si j’aime repousser les limites, je ne veux pas dénaturer une chanson pour rien. Je ne vais pas mettre un gros beat de drum si ce n’est pas justifié artistiquement, par exemple.»

En vue de Petit grain d’or, le musicien révèle avoir travaillé sur nombre d’autres pièces, mais avoir dû faire une sélection.

Il faut dire que Nicolas Pellerin n’arrête jamais de chercher des idées. «Ça fait deux ans pile que le premier disque est sorti, mais la composition, c’est un processus qui n’arrête jamais, affirme-t-il. On ne sort pas un al­­bum et, soudainement, tout s’arrête. Au contraire; on lance un disque et c’est comme une page qui se tourne, on retombe mûr pour composer des nouvelles affaires.»

Depuis deux ans, donc, le trio «compose, arrange, scrappe, jette et retape», gardant aussi du temps pour enrichir son répertoire de pièces traditionnelles.

«Pour qu’une chanson attire mon attention, ça dépend de plein d’affaires, explique Nicolas Pellerin. Le texte y est pour beaucoup. Il faut que l’histoire me touche, que le message soit cool, qu’il y ait quelque chose de plus profond que « Tape la galette »…»

Du reste, même s’il assure au public un «show qui lève», Nicolas Pellerin dit ne pas créer un disque en fonction de sa transposition sur scène, contrairement à ce que font la plupart des groupes trads, croit-il. «Moi, j’aime mieux composer d’abord, et voir après comment on l’adapte sur scène, explique-t-il. Sur ce disque-là, on a plusieurs invités, donc c’est impossible, à trois, de reproduire live ce qui est sur le disque. Mais rendus sur scène, on fait en sorte de réarranger la toune pour qu’elle représente bien ce qui se passe sur le disque, même si ce n’est pas tel quel.»

Et de ce que le musicien a pu voir, les spectacles de Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs font mouche. «Il y a autant des jeunes et des petites familles que des personnes âgées, dit-il. À la fin, il y a du monde de plein de générations différentes qui tripent ensemble!»

Le frère de l’autre

Après deux albums, Nicolas Pellerin est-il toujours considéré comme «le frère de Fred»? «C’est sûr que ça va me suivre toute ma vie que Fred est mon frère, dit-il. Je ne le cache pas, je suis fier de ce qu’il fait, alors ça ne me dérange pas d’être associé à lui!»

Quant à la possibili­té de refaire un album ensemble – comme celui sorti en 2007, elle n’est pas exclue : «Ce n’est pas pour tout de suite parce qu’on est très occupés, mais on aime travailler ensemble. C’est un trip familial!»

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