C'est le début d'un temps nouveau
Au cours de son entretien avec Métro, Arthur H avoue «bouillir d’impatience» de retrouver la scène avec ses nouvelles chansons, mais avoir eu besoin d’un temps d’arrêt pour retrouver cette envie. «Être tout le temps en tournée, ce n’est pas une vie», rappelle-t-il. Il faut dire aussi que le fils Higelin carbure au changement. Rencontre avec celui qu’on a souvent qualifié de Gainsbourg des temps modernes.
Vous avez fait une rétrospective de chacune de vos deux premières décennies de carrière, notamment avec votre avant-dernier album, Mystic Rumba. Baba Love marque-t-il le début d’une nouvelle ère?
En quelque sorte! Pour moi, c’est à la fois la conclusion d’une ère et une ouverture vers autre chose. J’ai fait beaucoup de disques un peu électro-pop, transe, chanson française… Et là, j’avais envie de faire quelque chose de beaucoup plus fluide, direct. Les autres étaient très travaillés, assez sophistiqués, et je voulais quelque chose de plus cru, quoi. Mais après, j’essayerai de me renouveler vraiment et de passer à une autre approche de la musique.
C’est encore possible de se renouveler après 20 ans?
Je pense qu’on a tous nos obsessions. Dans la vie, il y a quelques questions qui te touchent et dont tu ne peux pas trop t’éloigner, mais dans la forme, oui, on peut se renouveler. Après, c’est un choix, de se rendre disponible à quelque chose d’un peu neuf. J’ai ce désir-là, alors c’est vers ça que j’essaie de tendre.
Vous vous êtes récemment produit au Festival international de littérature de Montréal. Vous considérez-vous plus comme un homme de mots que de musique?
Je crois plutôt être un homme de musique et de son. Mais pour moi, les mots, ce n’est pas cérébral et intellectuel, c’est du domaine des sensations. Ce sont des sons qui donnent des images. Un récital de poésie, ça reste une expérience musicale.
On sent aussi dans vos propres textes que vous aimez jouer avec les mots…
J’adore écrire, mais je ne le fais que quand j’y suis obligé. La vie, c’est tellement riche que j’essaie d’être un peu au cœur de l’action!
Faire chanter Trintignant
Avec Baba Love, Arthur H s’est payé plusieurs duos – avec sa sœur Izia, Saul Williams et même l’illustre Jean-Louis Trintignant.
«La musique, ça se partage, dit-il. Pour moi, Jean-Louis Trintignant, même s’il ne sait pas forcément chanter, il a une telle diction, un tel rythme, que pour moi, c’est juste de la super belle musique, une couleur un peu merveilleuse qui apparaît, comme ça, au milieu du disque.»
C’est d’ailleurs pour le comédien qu’Arthur H a écrit la chanson L’ivresse des hauteurs. «On s’est rencontrés sur un spectacle de Boris Vian, et je suis tombé complètement amoureux de sa voix; il m’a bouleversé, se souvient l’artiste. Par la suite, on est devenus amis, et j’ai vraiment eu envie d’aller plus loin avec lui. Ce sont les hasards de la vie!»
Baba Love
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