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Jutra: une soirée Rebelle

Photo: Yves Provencher/Métro

Le film de Kim Nguyen a raflé huit trophées lors du 15e gala des Jutra, animé par Rémy Girard. Retour sur l’événement.

«C’est une belle soirée!» a lancé avec un grand sourire Kim Nguyen en allant récupérer son trophée du Meilleur réalisateur. Sous le coup de l’émotion, la jeune Rachel Mwanza, nommée Meilleure actrice, a quant à elle failli s’évanouir sur scène.

Bonne surprise pour Camion de Rafaël Ouellet, Julien Poulin a été sacré Meilleur acteur. La musique originale du film a aussi mérité une consécration. Pour ce qui est de Laurence Anyways, de Xavier Dolan, il a été couronné dans les catégories Meilleure direction artistique, Meilleure Coiffure et Meilleur maquillage. Nommé dans plusieurs catégories, L’affaire Dumont de Podz n’a quant à lui pas obtenu de récompense.

Étrange cérémonie, que cette 15e édition des Jutra… Sur le plan de l’animation, un chic clin d’œil a consisté à inviter Anne-Marie Cadieux, la gagnante du tout premier Jutra de l’histoire, qui à l’époque n’était pas présente pour recevoir son trophée, à remettre le prix de la Meilleure actrice de soutien. «Je ne m’y attendais pas, je n’ai rien préparé! Je remercie mon chum de l’époque de m’avoir soutenue et mon chum actuel de me soutenir encore», a-t-elle blagué avant de tendre le prix à Sabrina Ouazani, qui s’est distinguée pour son rôle dans Inch’Allah.

Sinon, en remettant le Jutra du Meilleur scénario, les trois jeunes acteurs des Parent se sont demandés – et ils n’étaient certainement pas les seuls – pourquoi c’était à eux que revenait cet honneur. Tout en soulignant qu’ils n’avaient vu aucune des œuvres qui concouraient pour ce prix (hm…), ils ont livré de courts résumés des films. Par exemple : «Camion, c’est comme Rapides et dangereux… mais en moins rapide.»

Un autre moment un peu étrange pour un gala qui célèbre le cinéma dans son ensemble est survenu lorsque Rémy Girard a souligné qu’il existe deux publics : «Un public pour le cinéma d’auteur et un autre pour le cinéma commercial.» Cette introduction visait à présenter des bandes-annonces pour La neuvaine remixée en superproduction et Bon cop, bad cop remanié en film indie. «Guzzo vient d’appeler, il vient de prendre La neuvaine pour neuf semaines…» a lancé l’animateur.

Un des événements les plus attendus de la soirée, à savoir l’hommage à ce grand acteur qu’est Michel Côté, a été rendu par Marc Messier. Ce dernier a présenté un discours décousu, rappelant qu’il «n’avait tourné qu’une seule scène avec l’honoré interprète», dans Le vent du Wyoming d’André Forcier. «Michel est un interprète de grand talent. Je dis souvent aux jeunes acteurs : soyez patients, il prend de l’âge!» a-t-il par exemple lancé…

C’est toutefois après cet exposé que l’honoré a eu droit à son plus bel hommage. Jean-Marc Vallée, qui l’a dirigé dans C.R.A.Z.Y., s’est exclamé dans une vidéo : «J’aurais aimé ÊTRE Michel Côté!» Joliment dit! Montant par la suite sur scène pour récupérer son prix, le vénérable récipiendaire du Jutra hommage a offert une très belle allocution, un vrai témoignage d’amour à son métier, à ses collègues, au septième art (enfin!). Probablement le meilleur moment de la soirée. «C’est aussi par le cinéma qu’on mesure l’évolution d’un pays, pas seulement par son escadron de F35», a rappelé Michel Côté, avant de se demander pourquoi «on est si peu curieux de voir nos films». «C’est à nous que revient la responsabilité de raviver notre patrimoine culturel, en imaginant des histoires qui vont nous faire réfléchir et rire aussi, car ce n’est pas un péché!»

Parmi les autres moments plaisants, citons le sketch de Stéphane Crête et Didier Lucien, venus présenter le Jutra du Meilleur montage, qui est allé à Richard Comeau pour Rebelle. Le très marrant Lucien a confié que, s’il n’avait pas été coupé au montage de tous les films auxquels il a participé, il aurait facilement «eu la carrière de Rémy Girard»! On en a eu la preuve en visionnant des extraits de C.R.A.Z.Y., des Amours imaginaires ou encore d’Aurore dans lesquels le comédien apparaissait en arrière-plan. Un passage divertissant au sein d’une soirée en dents de scie…

Un gala aux accents musicaux
Les Jutra se seraient-ils inspirés des Oscars qui, cette année, avaient été placés sous le thème de la musique de film? Toujours est-il que la cérémonie d’hier, du moins sa première moitié, avait par moments des airs de gala de l’ADISQ.

À l’animation, Rémy Girard a souvent choisi d’interpréter des chansons, histoire d’illustrer son propos. Il a notamment livré un semblant de rap pour expliquer les méthodes de sélection des gagnants et des candidats aux Jutra. Il a également réinterprété Déboutonne ton blues, de Richard Desjardins, en guise d’introduction. «Que le soleil se couche à l’ouest, le cinéma va faire le reste!»

Lors de son élocution d’ouverture, le maître de cérémonie a d’ailleurs promis «une soirée excitante, émouvante et un peu rock and roll, à l’image de notre cinéma».
Les gars de Misteur Valaire ont rythmé l’ensemble de la soirée, mais ils n’ont pas été les seuls. Outre Louis-Jean Cormier, qui a interprété J’haïs Les happy ends, «une chanson que tous les losers pourront chanter ce soir», Radio Radio et Galaxie, deux groupes qui faisaient partie de la bande sonore des Pee-Wee 3D, ont signé une prestation live. Intéressant, mais davantage de temps alloué au cinéma n’aurait pas été de trop dans un gala le célébrant…

Voir aussi les photos du tapis rouge des Jutra

Lire aussi la liste des gagnants de la 15e cérémonie des Jutra

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