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Devenir sculptrice culinaire

La plupart des gens voient des melons ou des papayes à l’épicerie. Mia Bureau, elle, y voit la matière première d’œuvres d’art qu’elle aimerait exposer au musée.

De la sculpture culinaire, est-ce que ça se mange?
Oui, mais la plupart des gens n’osent pas y toucher; c’est trop impressionnant.

Qu’est-ce qui impressionne les gens dans vos sculptures?
Le fait qu’elles soient éphémères, puisque leur matière première est périssable. Nous passons parfois 95 heures sur une instal­lation qui ne durera que 3 jours. J’aime faire des pièces impressionnantes, mais aussi des pièces simples, pour que les gens sachent qu’ils peuvent en faire à la maison.

Vous n’avez pas peur de la compétition?
Non. J’ai ouvert l’Institut de sculpture culinaire il y a trois ans parce qu’il n’y avait pas de formation
pour ça au Québec. Moi, j’ai appris dans les livres. Aujourd’hui, j’ai mon style.

Comment le décrivez-vous?

À la base, je suis architecte d’intérieur et j’ai une formation en arts visuels de l’UQAM. Mon style est inspiré du design et de l’architecture. J’aime travailler avec les volumes, les vides, les lettres; c’est très graphique; alors que la sculpture culinaire est généralement plus traditionnelle. On retrouve souvent des fleurs, des oiseaux, des dragons.

N’avez-vous pas peur que cela soit perçu comme un art kitch?
Ce n’est que ça! Mon plus grand défi est de le sortir de là. Ce qui m’insulte le plus, c’est quand les gens me disent qu’ils ont vu la même chose en croisière. Je sais ce qui s’y fait, et ça n’a rien à voir. Moi, j’aimerais que mes pièces soient exposées au Musée d’art contemporain pendant une vingtaine de jours, et qu’on voie l’évolution. Ce qui est difficile, c’est que j’allie un art traditionnel avec une approche contemporaine. Dans mon domaine – le milieu culinaire –, les juges ne sont pas toujours ouverts à ça.

Vous faites des compétitions?
Oui, d’où les nombreuses commandites sur mon uniforme. Je fais partie de l’équipe Québec des prochains Olympiques culinaires, qui auront lieu à Erfurt, en Allemagne, l’an prochain.

Qu’est-ce qui fait un bon sculpteur culinaire?
Il ne manque pas de talent en sculpture dans le monde, mais il manque de talent de composition. On voit souvent les mêmes formes.

Enseignez-vous à vos étudiants à faire des fleurs comme tout le monde?
Oui, je leur montre les formes de base. Avant de faire du jazz, on doit maîtriser le classique.

Le site officiel du magazine Urbania.

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