Luce Dufault se paie du bon temps
Sereine, calme et un tantinet mélancolique, c’est une Luce Dufault drapée de folk contemporain qui revient nous chanter les choses de la vie avec Du temps pour moi.
«Il y a ça de bon avec le temps qui passe : on apprend à savourer la vie. Je ne voudrais pas retourner à 20 ans, et pourtant je n’ai pas connu une vie hyper tourmentée dans ma jeunesse. Mais quand même, on se cherche et on ne se trouve pas tout le temps. En plus, lorsqu’on décide de faire ce métier qui n’a rien de stable et qu’on est un peu croche à l’adolescence, ça n’est pas pour arranger les choses», confie Luce lorsqu’on lui fait remarquer qu’avec son nouvel album on semble loin de l’époque des bars où elle accompagnait Dan Bigras et où les Soirs de scotch étaient suivis de lendemains qui déchantent.
On ne retrouve pas d’ailleurs, sur cet album, l’amicale des écorchés magnifiques qui lui distillaient des rimes en cette épique époque. «On m’a proposé des textes sublimes, mais ce n’est pas nécessairement là que je me dirigeais. Je voulais quelque chose de poignant, mais pas d’écorché vif», explique-t-elle avant de parler des nouveaux collaborateurs pour qui elle en pince, dont Patrice Michaud et le couple Moran/Major. Eux qui se joignent à Daniel Bélanger, qui lui a donné Du temps pour moi, et au vieil ami de toujours, Richard Séguin, qui signe quatre musiques, dont le premier extrait, Que du bonheur (texte de Marc Chabot), en plus de chanter en duo avec Luce (Quand nos rêves).
Mais si la belle, qui se prépare pour le marathon d’Ottawa, semble calme et zen, elle se réfugie encore dans le confort des chansons tristes lorsque la vie est moins souriante. «C’est mon côté fille très assumé», rigole-t-elle avant qu’on lui parle de l’hommage rendu à la chanteuse de blues Etta James (Marc Chabot). «Je n’écoute pas que de vieilles affaires, mais c’est sûr que je reviens souvent à des choses qui m’ont marquée. C’est comme un ancrage, un son que j’ai besoin d’entendre. Comme l’odeur de la tarte aux pommes de ma mère. Pour moi, la musique c’est un peu cela : me retrouver avec quelque chose de familier comme Brel, Etta James, Carol King, Genesis, Peter Gabriel, Joni Mitchell ou Leonard Cohen», explique la Franco-Ontarienne, dont la maman est Britannique et le père natif d’Ottawa.
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Elle rend d’ailleurs un autre hommage, à Will James cette fois, dans une chanson que lui a mitonné Nelson Mainville en apprenant, grâce à la lecture de vieilles entrevues, que cet écrivain, illustrateur, cascadeur, soldat qui est décédé à 50 ans de son penchant pour les plaisirs éthyliques était… le grand-oncle de Luce!
«À l’époque où je l’ai reçue, je l’ai chantée sur un démo, mais le résultat était horrible. Je n’arrivais pas à l’assumer et on percevait un malaise dans mon interprétation. Alors je l’ai laissée mûrir. J’ignore si c’est le fait d’avoir joué dans Les Filles de Caleb qui a ouvert une porte, mais j’ai eu envie de la reprendre. Et maintenant, ça y est.» Avec le temps…
Du temps pour moi
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