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Café de Flore: l'image du Paradis

Évelyne Brochu craignait de perdre tous ses moyens face à Vanessa Paradis sur le plateau de tournage de Café de Flore, l’automne dernier. À Paris pour une seule journée, la comédienne québécoise appréhendait la catastrophe jusqu’à ce que l’égérie de Chanel brise elle-même la glace. «Je m’attendais à être intimidée. Cette fille-là est un mythe de la musique et de la mode, nous confie l’actrice de 28 ans. Mais en fin de compte, ça s’est super bien passé. Elle est facile d’approche. Elle dégage un bien-être contagieux. Elle est formidable!»

Vanessa Paradis a l’habi­tude d’entendre de telles histoires. De passage dans la métropole pour assurer la promotion du dernier long métrage de Jean-Marc Vallée, la star française explique qu’après 30 ansde carrière, elle ne se formalise plus des questions de perception.

«C’est un peu inévitable, dit-elle, confortablement installée dans une suite d’un chic hôtel du Vieux-Mont­réal. C’est l’image qui fait ça : ce sont les couvertures de magazine, les histoires dans les journaux… C’est le côté qui n’a rien à voir avec notre métier. Parfois, ça me protège de gens à qui je n’ai pas envie de parler. Ils ont peur de m’aborder, donc je suis tranquille! Mais ça peut aussi vous priver de conversations agréables et de belles rencontres parce que les gens s’imaginent que vous êtes ceci ou que vous êtes cela. Ils ont tellement d’a priori que ça les freine. L’image trouble les chemins. Je ne peux rien y faire.»

Dans Café de flore, Vanessa Paradis incarne Jacqueline, la mère d’un jeune garçon trisomique. Dans le Paris des années 1960, elle se donne corps et âme pour lui donner la plus belle enfance qui soit, et ce, même si elle peine à joindre les deux bouts. Pour l’ancienne protégée de Serge Gainsbourg, il s’agit d’un rôle à des kilomètres de Juliette Van Der Becq, la riche héritière glamour et sexy qu’elle campait l’an dernier dans L’arnacœur. Vanessa Paradis se défend d’avoir résisté à se révéler sans maquillage pour la caméra de Jean-Marc Vallée. «C’était logique. On ne pouvait mettre du glamour sur une femme pauvre qui fait totalement abstraction d’elle-même, note-t-elle. Le contraire m’aurait inquiétée. Si on avait voulu que je porte des robes à paillettes, je me serais dit: « Ça va être terrible ce film! »»

La chanteuse a participé à l’élaboration du look de son personnage. «Ça ne s’est pas trouvé comme ça tout de suite. Quand on pense aux années 1960, on se dit: « Elle va avoir un chignon choucroute, des bottes en cuire, une petite mini-jupe… » On a commencé comme ça, mais Jean-Marc a dit non. Il voulait gommer totalement la féminité et la séduction de Jacqueline. Les chaussures que j’ai portées durant le tournage, elles étaient moches!»

Moches, mais confortables? «Non! J’ai eu froid aux pieds! s’exclame l’actrice. C’était vraiment de vieilles chaussures: elles étaient mal isolées!»

Des fleurs pour Jean-Marc Vallée
Vanessa Paradis ne tarit pas d’éloges envers Jean-Marc Vallée. Selon l’actrice, le scénariste et réalisateur de Café de Flore parvient à toucher sans jamais tomber dans les clichés. «Au cinéma, on a souvent tendance à grossir les traits parce qu’on veut en mettre plein la vue. Jean-Marc Vallée en met plein la vue, mais c’est comme si ses pinceaux étaient beaucoup plus fins, dit-elle. Il entre directement dans vos entrailles, votre cœur et votre tête.»

Café de Flore
En salle dès le 23 septembre

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