Le fabuleux destin de Nicolas Sarkozy
«Aucun scénariste n’aurait osé écrire une histoire pareille!» Voilà comment le réalisateur français Xavier Durringer parlait de La conquête, son long métrage relatant la marche vers l’Élysée de Nicolas Sarkozy, au Festival du film de Cannes, en mai dernier.
«Nous voulions faire découvrir les rouages, les arcanes, les mécanismes du monde politique sans faux semblant, avec ce virage people qu’il a pris grâce à – ou à cause de – Nicolas Sarkozy», explique Durringer.
La conquête a été écrit par Patrick Rotman, déjà auteur de documentaires sur François Mitterrand et Jacques Chirac.
«Quand j’ai proposé l’idée aux producteurs, Nicolas Sarkozy n’était pas encore au pouvoir, précise Rotman. Je rêvais depuis longtemps de faire un film politique avec les vrais noms, comme dans The Queen, de Stephen Frears. Et quand j’ai vu l’ascension du ministre de l’Intérieur de l’époque, sa rivalité avec Chirac et Villepin, la violence de leurs échanges et sa façon de mettre en scène sa vie privée, j’avais l’impression d’avoir tous les ingrédients en main.»
Rotman et Durringer se défendent d’avoir signé un brûlot diabolisant le chef de l’État, incarné à l’écran par Denis Podalydès. «Ce film est tout sauf un tract ou un pamphlet, dit le scénariste. Le personnage qu’on voit dans le film est complexe, multiple. Il est tour à tour charismatique et enfantin. On peut l’admirer… et avoir envie de lui mettre des coups de pied aux fesses lorsqu’il est odieux!»
Selon son réalisateur, La conquête ne cherche pas à influencer les électeurs, à un an de la présidentielle. «Ce que je souhaite, c’est rendre ses lettres de noblesse à la politique. Je voudrais qu’en sortant de salle, les spectateurs aient envie peut-être pas d’en faire, mais d’en débattre, d’en discuter», conclut-il.
La conquête
Présentement en salle