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Patrick Watson crée la surprise au FME

Patrick Watson a pris Rouyn-Noranda par surprise samedi. Le chanteur, dont le nom ne figurait pas au programme du FME, a livré une prestation d’une quarantaine de minutes en plein air, attirant dans la foulée plusieurs centaines de curieux. Seul au piano, l’auteur-compositeur montréalais a donné un avant-goût d’un nouvel album à paraître sous peu.

Le bruit avait commencé à courir à l’heure du lunch. Dans la ville, on avait collé quelques affiches sur lesquelles apparaissait un message à la fois invitant et énigmatique: «J’ai un air dans la tête que j’aimerais partager avec toi. Samedi le 3 septembre à 18h30. Au coin de la 9e et de Portelance.»

Nos doutes quant à l’identité de l’artiste derrière cette opération secrète s’étaient confirmés en fin d’après-midi à la salle de presse lorsque que nos oreilles avaient accidentellement intercepté une conversation entre un bénévole et un membre de l’entourage de Watson. «Patrick a besoin d’un banc de piano…»

Le chouchou de la critique avait opté pour un emplacement inusité situé à quelques rues du quartier général du festival, aux abords d’une track de chemin de fer désaffectée: la cour arrière de la Fonderie Horne.

Certains fans étaient arrivés tout équipés, étendant de larges couvertures sur la gravelle, histoire de profiter d’un minimum de confort pour écouter les mélodies du chanteur. «Je vais sortir un nouvel album et je voulais tourner un vidéo où on me verrait jouer dans les backyards des gens. On a décidé de commencer ça à Rouyn!» a-t-il expliqué entre deux gorgées de bière.

Hormis les cris des quelques enfants qui s’amusaient sur les rails, c’est dans un silence ultra respectueux que Watson a entonné ses titres inédits, qui s’inscrivent dans la continuité de ses précédentes offrandes: harmonies vocales éthérées, facture impressionniste, univers onirique réconfortant. Parmi les primeurs offertes, citons Noisy Sundays, une pièce inspirée d’un poème que la mère du chanteur avait écrit dans un vieux livre de recettes. Quelques classiques de l’artiste se sont aussi taillés une place dans le concert, dont les sublimes To Build a Home et The Great Escape. Le tout, pendant que des nuages de fumée s’échappaient des énormes cheminées qui s’élevaient en toile de fond.

Décharges et explosions
Une fois le spectacle de Patrick Watson terminé, nous avons entamé la soirée avec les Français de Nestorisbianca dans la chaleur de l’Agora des arts. Si la voix suave et posée de Lionel Laquerrière avait tout pour soulever les passions, on ne peut pas en dire autant des décharges sonores créées par la formation. Chacune des chansons du groupe culminait de la même façon: une montée simili épique menée par une trompette intempestive. Trop cacophoniques à notre goût, ces explosions instrumentales ont toutefois ravi plusieurs festivaliers qui avaient investi l’endroit.

Après avoir assisté aux premier tiers du voyage astral proposé par Miracle Fortress, nous nous sommes dirigés vers Le petit théâtre, où résonnaient les cris tantôt stridents, tantôt gutturaux de Duchess says. Dans l’enceinte, où le comité de décoration du FME avait accroché une quarantaine de cages à oiseaux, le quintette a déversé sur les spectateurs son bruitage sauvage et son tonitruant combo électro-métal.

Visiblement en transe, la chanteuse Annie-Claude Deschênes a passé une bonne partie du spectacle dans a foule. «Je ne veux pas retourner sur le stage. Allez-y vous autres!» s’est-elle exclamée avant d’organiser une mêlée générale.

Trash jusqu’au bout des ongles, Deschênes s’est  amusée à mener ses fans par le bout du nez. «Foncez-vous dessus! Que j’en vois pas un reculer!» «Avancez! Vous êtes obligés!»

Avant de tirer sa révérence et de laisser sa place à Galaxie, la bête de scène s’est payée une courte séance de body surfing. Rock on!

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