Muse impose sa loi
Le vaisseau Muse a atterri au Centre Bell mardi soir pour le premier de ses deux concerts en sol montréalais. Et quand Muse atterrit, ça fait du bruit.
Connu pour ses concerts à grand déploiement, le trio britannique a de nouveau fait honneur à sa réputation. Eh oui, tous les fidèles vous le diront : voir un show de Muse, c’est être assommé de lumières, de lasers, de projections…
Dès les premiers instants, les choses ont été faites en grand. Au son de Isolated System, morceau instrumental du dernier disque du groupe, The 2nd Law, un semblant de soucoupe géante s’est détaché du plafond, s’est posé sur la scène, s’est transformé en pyramide à écrans, a projeté des images, est remonté vers le plafond et a laissé apparaître les gars. «Quoi?» vous demandez-vous peut-être si vous n’avez pas assisté à ce moment. Et on vous comprend. C’était un brin surréaliste.
Au niveau de la set list, la formation a principalement opté pour des pièces de sa plus récente offrande. C’est d’ailleurs avec la pesante Supremacy que la soirée a véritablement débuté.
Plus tard, toujours dans la lignée 2nd Law, le chanteur et guitariste Matthew Bellamy s’est placé au piano pour livrer la ballade Explorers. Tandis que les projections rappelaient la pochette très conceptuelle du dernier album, il s’est jeté à genoux pour chanter Follow Me. Durant la funky Panic Station, il s’est toutefois fait voler la vedette par un monstre violet qui dansait avec style sur les écrans. Le bassiste Christopher Wolstenholme a pour sa part pris le micro pour nous servir son morceau à lui, Liquid State.
Sans interruptions parlées ou si peu, le groupe a enchaîné les titres dans ce décor qui pouvait parfois sembler froid et clinique. Bellamy a certes promis qu’on était la meilleure foule de l’année (de l’année!), mais sinon, la musique et le visuel occupaient toute la place. Vraiment toute la place. Un des moments les plus épatants est survenu lorsque la scène s’est transformée en roulette de casino géante avec une bille qui roulait et qui s’est arrêtée pour déterminer la chanson auquel le public aurait droit par la suite. Le «hasard» a choisi Stockholm Syndrome.
Parmi les plus vieux succès, qui ont fait drôlement lever la foule, notons Undisclosed Desires, durant laquelle le frontman est descendu de scène pour serrer des mains. Et puis Uprising, qui a énergiquement clos le set.
Au moment de mettre sous presse, le trio venait de conclure sa prestation, et Bellamy, de balancer sa guitare par deux fois dans le décor. Il en a sûrement quelques-unes en réserve; obligé, car la bande remet ça mercredi soir, même lieu, même heure.