ORA, les grandes chaleurs
Une allégorie sur l’être humain mettant en vedette six danseurs, lesquels sont filmés sans éclairage – la source de lumière étant la chaleur qui émane de leurs corps. Voilà la prémisse du court métrage en 3D ORA, Philippe Baylaucq fait du cinéma depuis 30 ans; documentaire, expérimental, films pour enfants… Le dénominateur commun? «Je ne me considère pas comme un touche-à-tout, mais comme quelqu’un qui aborde des sujets par coups de cœur, explique-t-il. Il faut que je sois frappé par l’importance d’un sujet. Et la dynamique de la découverte me stimule.»
Le réalisateur, qui avait collaboré une première fois avec le chorégraphe José Navas pour Odela, il y a 15 ans, souhaitait travailler de nouveau avec des danseurs. «Ça me permettait de renouer avec mes racines, un cinéma plus expérimental, sans paroles, proche de la peinture, dit-il. Je voulais explorer la relation entre l’espace, l’humain et la couleur.»
Ce sont les recherches du Stéréolab de l’Office national du film (ONF), où Philippe Baylaucq a été cinéaste en résidence au cours des deux dernières années, qui lui ont inspiré l’idée d’utiliser la technologie de la thermographie 3D. «J’ai réalisé que, si on prend deux lentilles, même si une des deux est à infrarouge, tant qu’on respecte les règles de la stéréoscopie, on obtient une image en 3D.»
Mais il y a eu loin de la coupe aux lèvres avant de pouvoir faire passer l’idée de la théorie à la pratique. Il a d’abord fallu trouver une caméra infrarouge haute définition, réservée aux applications militaires ou médicales. «Tout le monde me disait d’oublier ça… ce qui a eu l’effet de me pousser à persévérer, affirme Philippe Baylaucq. De fil en aiguille, je suis entré en contact avec l’ingénieur qui a conçu cette caméra.»
Les obstacles ne l’ont pas découragé, au contraire : «Avec une nouvelle technologie, je privilégie une approche inspirée de Picasso : Je ne cherche pas, je trouve. Quand on met en place un dispositif, ou une rencontre, l’idée n’est pas de se faire une idée à l’avance, mais d’être à l’écoute et de se laisser guider par le sujet.»
Le titre
Pourquoi ORA??«À l’ONF, ça prend un titre qui fonctionne en anglais ou en français, ou on doit le traduire», explique Philippe Baylaucq. ORA?signifie :
- Maintenant en italien
- Prier en latin
- Aube en arménien
- Graphiquement, les lettres évoquent le cercle, le carré et le triangle, les trois éléments géométriques
ORA
En salle dès vendredi