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Faites entrer l'artiste

Jérôme Vermelin - Métro France

«Un film muet? Pourquoi pas en noir et blanc tant que vous y êtes?» En se lançant dans la grande aventure de The Artist, Michel Hazanavicius n’a pas tout de suite suscité l’en­thou­siasme. En réalité, tout le monde, ou presque, des grosses chaînes de télé au Centre national de la cinématographie, lui a gentiment fait comprendre que son projet n’était pas très «porteur». «Le succès d’OSS 117 m’avait ouvert quelques portes, mais, pour faire ce film, j’ai dû entrer par effraction! insiste le réa­lisateur. Je ne blâme personne. Mais le cinéma est toujours un conflit entre l’art et l’industrie.»

Et Hazanavicius a eu raison d’insister. Intégré à la dernière minute à la compétition du dernier Festival de Cannes, son film a été salué par la critique internationale et a permis à Jean Dujardin de remporter le prix d’interprétation masculine. Avant les César et peut-être bien les Oscar, grâce au lobbying forcené des frères Weinstein, qui ont acheté les droits de The Artist pour les États-Unis et veulent en faire l’«outsider-surprise» de la prochaine cérémonie.

Cette comédie dramatique cherche à de rassembler le plus large public possible. «Même si elle est bourrée de références à l’histoire du septième art, c’est une œuvre à vocation populaire, dans un format qui paraîtra nouveau à beaucoup de gens», précise Hazanavicius.

Après avoir convaincu le producteur Thomas Langmann de l’épauler (le budget s’élève à 11 millions d’euros, deux fois moins que le Rien à déclarer de Dany Boon), le réalisateur embarque pour Hollywood avec son compère Dujardin, mais aussi sa compagne, la comédienne Bérénice Bejo, qui partageait déjà l’affiche du premier volet d’OSS 117. Pendant 35 jours, les Français vont vivre leur rêve américain dans les mythiques studios de la Warner, épaulés par John Goodman, Penelope Ann Miller, James Cromwell. «Sans fausse modestie, je crois qu’ils étaient contents de faire un film un peu
« hors marché », souligne le réalisateur. Là-bas, beaucoup de gens rêvaient sans doute d’un projet pareil.»

À sa manière, élégante et audacieuse, The Artist peut se voir comme une réponse au «tout 3D» imposé par les grands studios. Hazanavicius se veut plus nuancé. «La force d’Avatar, c’est le grand ciné­as­te derrière, pas la technologie. Si mon film doit marcher, ce sera grâce à l’histoire, si elle est bien racontée, si elle est touchante.»

The Artist

En salle dès vendredi

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