Le joyeux bric-à-brac de C!rca
Qui aurait cru que le corps humain pouvait réaliser de tels exploits? À travers les divers tableaux de leur spectacle éponyme, les sept acrobates de la troupe australienne C!rca nous ont montré, mercredi soir, de quoi ils étaient capables, sous les «Oh!» et les «Ah!» d’une assistance médusée.
Un joyeux bric-à-brac que cette œuvre difficile à définir, à mi-chemin entre les pitreries circassiennes et la danse contemporaine. Sans aucun décor, sinon un jeu de lumières et d’ombres, les artistes légèrement vêtus présentent différents numéros qui ne sont pas unis par une trame narrative, mais simplement par la volonté de repousser les limites du réalisable pour leurs corps respectifs.
Décrit ainsi, on pourrait croire à une simple démonstration technique dénuée de sentiments, mais il n’en est rien: l’ensemble est aussi époustouflant qu’émouvant.
Époustouflant pour les nombreux numéros qui causent chez le public la surprise (vous savez à quoi ressemble une corde à danser humaine? Nous, oui!), la peur (cet acrobate qui se laisse tomber tête première de sa corde de tissu à une vitesse vertigineuse pour n’être retenu qu’à quelques centimètres du sol) ou la souffrance imaginaire (voir un homme se faire marcher dessus par sa collègue juchée sur des souliers à talons aiguilles, on ne peut qu’imaginer le pire).
Et émouvant pour des moments de parfaite symbiose entre la musique et les sublimes chorégraphies (comme cette acrobate, debout sur les mains, appuyée sur des bâtons, qui bouge au rythme de la Valse à mille temps de Jacques Brel).
Rappelons en effet que c’est une trame sonore de choix que nous offre la compagnie. Outre Brel, Sigur Ros, Leonard Cohen et Radiohead sont également au menu. On en a donc plein la vue et plein les oreilles, et, c’est repus qu’on sort de la TOHU après une heure de pur plaisir esthétique.
C!rca
À la TOHU
Jusqu’au 25 février