Le monde de Marina
Après avoir ouvert pour Coldplay, Marina (and the Diamonds) revient avec son spectacle bien à elle. «La mise en scène est extravagante, humoristique, théâtrale. Il y a beaucoup de trucs absurdes, du rose, du mauve, des animaux en peluche, une robe de mariée…» Totalement Marina? «Totalement Marina, oui!»
C’est en 2010, avec l’album The Family Jewels (ah, humour british!) qu’on a connu la pétillante Marina. Amoureuse de Madonna et de Marilyn Monroe («J’adooore Some Like it Hot!»), la chanteuse britannique a vite séduit par son regard vif et sa pop narquoise semi-sucrée, semi-sombre. Désirant faire sa marque dès son entrée dans le monde du show- business, elle prévenait les auditeurs, dans le tube Hollywood : «Je ne suis pas Shakira, je ne suis pas Catherine Zeta. Mon nom, c’est Marina!»
Les présentations ayant été faites, la jeune femme a préféré, sur son second album, se glisser dans le rôle d’un alter ego qui porte le nom du disque, Electra Heart. Au fil des chansons, cette Electra Cœur se fait tour à tour Homewrecker (casseuse de ménage en traduction libre), Bubblegum Bitch (pas besoin de traduction ici) et Primadonna.
«Je trouve ces morceaux très libérateurs, dit Marina. Lorsque je les interprète sur scène, c’est comme si je devenais un personnage de dessin animé!»
On sait que le «and the Diamonds» de son nom d’artiste se veut une référence à ses fans et non à d’hypothétiques musiciens. Donc «Marina et ses fans». Elle s’identifie d’ailleurs beaucoup à ces derniers. «Les gens qui me suivent sont comme moi : ils sont vraiment très intenses et ils ont un bon sens de l’humour!»
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Ce vendredi à Montréal, Marina dévoilera à nouveau son univers «gomme balloune dark». Un univers qui devient souvent le théâtre de folles soirées. «Je ne sais pas pourquoi, mais mes shows se transforment toujours en grandes fêtes! La nuit dernière, j’étais à Salt Lake City. C’était un lundi. Pourtant, on aurait dit qu’on était dans un club ou dans un rave! Alors que je ne suis même pas une raveuse et que je ne vais jamais dans les clubs!»
C’est sa nouvelle amie et chanteuse montante Charli XCX qui assure la première partie. «J’ai entendu ses chansons dans internet et je me suis dit, mais cette fille est extraordinaire!» Tellement qu’elle lui a demandé de l’accompagner en tournée et qu’elles ont enregistré un morceau ensemble, Just Desserts. «Juste pour le plaisir», ajoute-t-elle.
D’ailleurs, maintenant que la pression du deuxième album est retombée, Marina affirme qu’elle veut faire beaucoup de choses «juste pour le plaisir». «Honnêtement, c’est rendu que je me fous si mes choses marchent ou pas! Je veux seulement être heureuse et composer de la musique.» Parce que, pendant la création de sa seconde offrande, se souvient-elle, les attentes étaient aussi grandes que lourdes. «Ma maison de disques m’a dit : “On croit que tu peux réussir, donc on va investir plein d’argent en toi!’’, ce qui est pas mal. Mais d’un autre côté, ça leur permettait aussi de dire : “On a investi tout cet argent en toi, donc tu DOIS remporter du succès!’’, ce qui est franchement moins plaisant.»
Lorsqu’on lui dit, en fin d’entretien, que c’est chouette de parler à quelqu’un qui ne se censure pas trop, elle éclate de rire. «Tout ce qui entoure le fait d’être une artiste, faire de la promo, tout ça, je trouve ça complètement hilarant! C’est une étrange existence que je vis là…»
Marina and the Diamonds avec Charli XCX
Au Métropolis
Ce vendredi à 21 h
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