Culture

Storm Surfers : Au-delà de l’extrême limite

Storm Surfers : Au-delà de l’extrême limite
Photo: collaboration spéciale

Légende du surf, Ross Clarke-Jones affronte depuis près de 20 ans des vagues mutantes de plusieurs dizaines de pieds. Non, RCJ n’a peur de rien. Sauf peut-être d’une chose. «Les chats. J’ai vraiment une phobie chronique des chats.»

Dans ces virées maniaques en plein milieu de l’océan, le renommé Australien est souvent accompagné de son meilleur ami, Tom Carroll. Un célèbre pro qui, à l’approche de la cinquantaine, continue de se donner corps et âme, même s’il se fait beaucoup plus prudent qu’autrefois.

C’est à leur passion, à leur collaboration et à leur grande amitié qu’est dédié Storm Surfers 3D, présenté en avant-première ce soir, au Centre Phi.

Dans ce documentaire réalisé par Justin McMillan et Christopher Nelius, on suit les deux compagnons qui chassent les vagues les plus grosses, les plus intenses et les moins connues du monde. Épaulés par le météorologue Ben Matson, qui leur déniche les meilleurs endroits et les meilleurs moments pour s’adonner à leur passion, Ross et Tom s’éloignent jusqu’à 75 km de la terre ferme, parfois en bateau, parfois en hélicoptère, pour être sûrs d’avoir une poussée d’adrénaline hors du commun. «Pour moi, c’est comme jouer aux dés, affirme le très sympathique RCJ au bout du fil. Mais pas dans le sens où je joue ma vie! C’est plutôt dans le sens où on dépense tellement de temps, d’énergie et d’argent pour dénicher l’endroit idéal que, souvent, lorsqu’on arrive, qu’il y a plein de monde et que les conditions sont nulles, on réalise qu’on a fait tout ça pour rien.»

Il rappelle toutefois que lorsqu’il décide de se lancer sur une vague, même si elle fait 60 pieds de haut (!), il ne pense jamais à la mort ou à des trucs comme ça. «Si je prends la vague, c’est parce que je suis sûr que ça va bien aller! Je ne mise pas, moi; je gagne!»

Les amateurs de surf le savent : souvent, les films dédiés à leur sport favori s’adressent à un public relativement ciblé. «Ouais, ces films sont habituellement destinés aux mâles âgés de 15 à 28 ans!» approuve en riant RCJ. Mais avec ce volet 3D, ses amis et lui voulaient s’adresser «vraiment à tout le monde», et pas seulement aux initiés. «Respect aux réalisateurs! Ils ont réussi à faire un film que les hommes, les femmes, les enfants et les vieux peuvent apprécier!»

Ce documentaire, qui mise beaucoup sur l’aspect visuellement renversant de la discipline, explore aussi les petits différends qui, avec les années, ont commencé à diviser les deux inséparables. En effet, Tom, qui rappelle fréquemment que «bientôt, il aura 50 ans!» est trois fois papa. Et il trouve de plus en plus important de passer du temps avec ses enfants. «Tom a eu trois filles… et il en est devenu une!» s’amuse son camarade à l’écran. Eh oui, les lois du surf sont parfois sans pitié.

Tom Carroll and Ross Clarke-Jones.
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On sent d’ailleurs que le temps que son pote consacre à sa famille lui fait un petit pincement au cœur. Car Clarke-Jones est nettement moins casanier. On le constate dans les images d’archives où il danse dans un club comme un démon, verre à la main, entouré de blondes demoiselles. «Tom et moi sommes très différents l’un de l’autre, confirme-t-il. J’ai eu une fille et un garçon. Ma femme et moi, nous nous sommes séparés lorsqu’ils étaient encore très jeunes. Depuis qu’ils sont tout petits, ils sont habitués à ne pas me voir. Ils savent que je passe ma vie à voyager et à chasser les vagues. Mais Tom, lui, trouve ça important de rester avec ses enfants. C’est pourquoi il a manqué plein de superbes occasions de m’accompagner dans des épopées de surf ces dernières années! Mais mon fils veut devenir champion de UFC. Il est fort. Peut-être qu’il va devenir mon nouvel associé?»

Eh oui, les priorités de Carroll inquiètent son ami : «Quand j’ai vu que lui, un des mecs les plus intrépides que je connaisse, n’avait plus autant le feu sacré, j’ai eu peur. Je me suis dit : est-ce que moi aussi je vais perdre mon désir d’affronter les vagues?»

Mais à voir les images, RCJ n’a rien à craindre. Son amour des choses extrêmes ne risque pas de s’évanouir de sitôt. Dans Storm Surfers, on le voit d’ailleurs conduire un bolide à toute vitesse. «J’adore conduire! J’aime vraiment ça! s’exclame-t-il. Surtout en Allemagne! C’est merveilleux!» Et, lorsqu’il est au volant, il procède de la même façon qu’en surf : il tente de trouver l’endroit où il n’y a personne et où les conditions sont vraiment risquées. «J’ai une Porsche Turbo 600. Elle est noire. Je passe incognito. En fait, on ne me voit même pas. Quand je roule, je suis aussi rapide qu’un flash! Qu’un éclair!»

Fanatique fini, il rêve de transmettre sa passion aux autres. Il aimerait que les spectateurs, en allant voir le dernier long-métrage dont il est le héros, sentent des émotions similaires à celles qui l’envahissent lorsqu’il se rend dans des endroits où le surf de l’homme n’a jamais mis le pied. «Ça me rendrait vraiment heureux si ceux qui visionnent le film se sentaient à leur tour heureux. Je voudrais qu’ils soient contents, motivés. Qu’ils passent un bon moment! Comme nous en le tournant.»

Storm Surfers 3D
Au Centre Phi
Ce vendredi à 20 h, en salle le 28 juin