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Thomas Enhco: mi-figue, mi-raisin

Photo: Yves Provencher/Métro

Le pianiste parisien Thomas Enhco a fait vibrer son auditoire à la Cinquième salle de la Place des arts, tanguant à la frontière entre le lyrisme classique et l’improvisation jazz. Versant en grande partie dans le nouveau répertoire de son plus récent album Fireflies, le jeune prodige de 24 ans a alterné de la formule solo au trio, dans une prestation au doigté impeccable, mais hélas avec un peu trop de retenue.

La vedette lui a été volée par le contrebassiste Chris Jennings, qui a joué de plus d’audace et d’aisance, avec une constance hors du commun. Alors que plusieurs morceaux auront laissé place à plus d’emportement et de magie, tels que Gaston ainsi que l’ingénieuse interprétation de l’Arabesque de Schumann, c’est peine si à la fin seulement le public s’enivrait, laissé sur sa faim.

Le spectacle a été long à démarrer, le trio se répondait au départ plus qu’il ne s’écoutait. Les musiciens se sont toutefois repris à peu près à mi-chemin, dans un tour  de maître incroyablement fluide, avec l’histoire de la traversée du désert syrien racontée par Enhco dans Wadi Rum. À plusieurs reprises le public a ainsi repris son souffle dans un silence palpable avant d’applaudir chaudement. Le pianiste et violoniste Enhco, qui a littéralement grandi dans la musique, soit par ses liens  de sang prometteurs ou par sa maîtrise précoce de ces deux instruments.

Il a parcouru en tournée la Syrie, mais aussi la Lybie, la Jordanie, la Russie, l’Algérie et une bonne partie de l’Europe et de l’Amérique du Nord, fort de ses apprentissages auprès des grands, notamment l’un des plus grands producteurs japonais, Itoh « 88 » Yasohachi. Il y a deux ans, Thomas Enhco se dévoilait au Festival international de Jazz de Montréal. Après un retour, bien qu’en force, on se demande aujourd’hui où son talent le mènera. Peut-être un futur Keith Jarrett? Quoi qu’il en soit, il a encore le temps d’enlever ses chaussettes d’enfant surdoué, de jongler davantage avec la technique qu’il maîtrise déjà sur le  bout des doigts pour enfin dévoiler qui il est, lui, Thomas Enhco.

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