Avec des bisous, signé KISS
Au Centre Bell lundi soir, KISS a rocké, peut-être pas toute la nuit, mais pendant près de deux heures. L’armée a été servie.
Avec des vieux d’la vieille comme KISS, une question se pose toujours : est-ce que les gars vont nous bombarder de nouveau matériel ou nous gâter de tubes qui ont passé l’épreuve du temps? Eh bien lundi, les fidèles de la KISS Army qui espéraient la seconde réponse ont été servis. Car les membres fondateurs, Paul et Gene, accompagnés de Tommy et d’Eric, nous ont balancé du Destroyer, du Creatures of the Night et du KISS, l’album. Cadeau!
La setlist était plus courte que la dernière fois que les rockeurs étaient passés au Centre Bell, en 2009. On a peut-être eu droit à quatre ou cinq chansons de moins. D’ailleurs, tous les fans présents ont certainement regretté l’absence de «leur toune». Ouain, on aurait bien pris un p’tit Beth…
Bref! Entrés en scène de manière spectaculaire, en descendant du plafond sur une espèce d’araignée géante, au son de la pièce nineties Psycho Circus («Welcome to the show!»), les musiciens américains ont enchaîné les morceaux en les agrémentant de force effets pyrotechniques. Ils ont mis le paquet : étincelles, projections, fumée et même sirènes de police (pendant War Machine).
Paul Stanley, toujours aussi svelte et agile, a confirmé qu’il sait sautiller sur des talons comme pas un. La voix joliment éraflée, Starchild a livré la marchandise et a réchauffé le public en rappelant que le concert de la veille avait été donné à Toronto. «Bouuuuh!» a évidemment répondu la foule. Souhaitant voir à quel point on était motivés, Paul nous a soumis au test du «quel côté crie le plus fort». Droite? Gauche? Droite? Gauche? Ah, le genre de truc dont on ne se lasse jamais!
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Une autre occasion de faire des chœurs avec les spectateurs? La nouvelle chanson Hell or Hallelujah, tirée du dernier album de la bande, Monster. «Hell or….?» de crier KISS. «Hallelujah!» de répondre l’armée. D’ailleurs, parenthèse, la tournée, qui s’appelle The Monster Tour, porte bien le nom de la plus fraîche offrande du groupe. Pourtant, au moment de mettre sous presse, on n’avait entendu qu’une seule chanson tirée dudit disque, à savoir ce Hell or…
Sinon, on a notamment eu droit à Calling Dr. Love, I Love It Loud et la plus récente (2009) Say Yeah! «Let me hear you say yeah! Yeah, yeah, yeah…» Pendant ce temps, Gene Simmons, à l’aise, a montré la langue, liché sa basse (oui), et, bien sûr, a craché des hectolitres de faux sang. Le «plus nouveau membre», Tommy Thayer, a quant à lui interprété le Shock Me d’Ace Frehley, guitariste bien-aimé qu’il a remplacé il y a de cela une décennie.
Il faut le dire : c’était un rendez-vous pour les fans, hier soir. Beaucoup de fidèles s’étaient pointés, vêtus de leurs plus beaux atours et le visage peinturé aux motifs de leur rockeur préféré. Certains s’étaient même appliqués avec une précision plutôt démoniaque. On a croisé plusieurs quatuors d’amis habillés de manière à ressembler à la bande, ainsi que des familles avec fillette étoile, fiston démon, papa chat…!
«Vous vouliez le meilleur? Eh bien, vous avez eu le meilleur groupe du monde, et le plus hot, KISSSSSS!!!!» a-t-on entendu en guise d’introduction à cette soirée placée sous le signe du rock. Si KISS est réellement le meilleur de tous les groupes, ça, les inconditionnels pourraient en débattre longtemps et avec passion («C’est CLAIR que oui!!!»), mais ce qui est sûr, c’est que les garçons savent encore donner un très bon show.