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Pour Kate McGarrigle… et pour Anna

Photo: Yves Provencher/Métro

Réunion de famille, fête d’amis, célébration entre fidèles, moment de recueillement, dernier adieu… C’était un peu tout ça, Cheminant vers ma ville, le concert organisé par le clan McGarrigle-Wainwright jeudi au Théâtre Outremont.

Ceux qui craignaient de passer un moment un peu trop triste et un peu trop solennel ont sûrement été soulagés dès les premiers instants de cet hommage ultime à Kate McGarrigle. Car, aussi émotif fût-il, le spectacle était néanmoins plein de légèreté et d’éclats de rire.

Loin d’être lourde, l’ambiance de ce concert dédié à la mémoire de Kate, mais célébrant aussi sa sœur, Anna, était détendue, parfois joyeuse, voire échevelée. Les interventions mémorisées par cœur et les discours répétés mille fois? Très peu pour les McGarrigle-Wainwright. Entre les morceaux, c’était de la pure spontanéité.

Exemple? Rufus qui demande à sa tante si elle est sûre d’avoir «choisi le bon accordéon pour la prochaine chanson», car, et on cite, «nous avons souvent des problèmes d’accordéon dans la famille». Puis, Martha qui apostrophe son frère entre deux morceaux pour savoir où, diantre, il a déniché ses pantalons scintillants. Ou encore Anna qui demande à Martha : «Hmm… c’est quoi le titre de ton dernier album, déjà?» en guise d’introduction à Proserpina, morceau tiré de Come Home to Mama (c’est ça le titre du dernier album de Martha)!

On a également senti beaucoup d’amour, de la part du public comme de la part des artistes. Sur scène, ça grouillait de monde! Il y avait d’abord les musiciens, parmi lesquels le violoniste, ami et collaborateur de longue date Joel Zifkin. Sinon, c’est Éloi Painchaud qui officiait «à l’harmonica, à la guitare, au banjo et aux Îles-de-la-Madeleine!» (dixit Martha). Et puis, bien sûr, il y avait les invités spéciaux, soit Pierre Lapointe, Fanny Bloom, Michel Rivard, Robert Charlebois et Marie-Michèle Desrosiers. Ces derniers ont tous interprété une chanson de Kate et une de leur répertoire. Parmi les plus beaux instants, notons celui où Lapointe a livré avec force et sobriété Naufragée du tendre, accompagné aux chœurs par Rufus et Martha. L’acoustique était incroyable. Michel Rivard a pour sa part fait un clin d’œil humoristique avant de jouer une de ses nouvelles compositions, Et on avance. «J’aimerais exprimer ici mon immense, éternelle et indéfectible… jalousie envers le clan McGariggle-Wainwright. Parce que, dans ma famille à moi, ça chantait… PAS. Dans les partys, au Jour de l’An et à Noël, ça chantait… PAS.»

Reste que, si on a souri souvent, il aurait été difficile de retenir son émotion pendant le Proserpina final. Tous les artistes invités, les membres de la famille et les musiciens étaient réunis sur scène dans une unité et une communion musicale totale. Un moment inoubliable qui a clôturé de façon magique ces deux heures de concert.

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