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Dans l’univers de Jon Hopkins

Photo: Collaboration spéciale

Depuis la sortie d’Immunity, son quatrième album solo, Jon Hopkins affirme avoir été plus occupé que jamais. «C’est fou, j’ai perdu le fil de tous les pays que j’ai visités», dit-il. Il se souvient toutefois que dimanche prochain, il doit jouer à Montréal. Et ça, ça lui plait.

La sortie d’Immunity aura constitué un tournant pour Jon Hopkins. La critique a été dithyrambique, le public a suivi… bref, tout n’a été que positif pour le musicien britannique. Il faut dire que, sur cet album, Hopkins a combiné les deux côtés de la musique électronique qu’il aime le plus. Le premier, très agressif, et le second, plus atmosphérique. «J’ai réellement accordé une part égale aux deux aspects, remarque-t-il. Et je trouve qu’en ce sens, c’est l’album de ma discographie qui me définit le mieux.»

Effectivement, Immunity commence avec des sonorités plus lourdes, avant de glisser complètement dans un autre univers. La cinquième pièce, Abandon Window, marque un moment de répit, une respiration presque, entre ces deux entités sonores. «Je ne pense jamais en terme de ‘‘single’’, avoue-t-il. J’adore l’effet que chaque morceau a sur celui qui le suit ou qui le précède. Et c’est pourquoi j’aime quand les gens écoutent mes albums du début à la fin.»

Il est vrai que, prendre Immunity de cette façon, comme un tout complet, est infiniment plus gratifiant pour l’auditeur. Normal : en le composant, l’artiste londonien a conçu un véritable arc narratif. La place de chaque piste a été réfléchie et réfléchie encore. «Mais la deuxième chanson, c’est toujours la plus importante pour moi!» La deuxième? «Oui, je n’aime pas mettre tout ce que j’ai au début!»

Ce désir de créer des disques homogènes, plutôt que des hits pouvant exister par eux-mêmes, transparait aussi dans les bandes sonores qu’il a signées. Notamment celle du drame The Lovely Bones, de Peter Jackson, qu’il a créée en collaboration avec Brian Eno. Pour la petite-grande histoire notons aussi que Jon Hopkins a coproduit le disque au succès monstre Viva La Vida, de Coldplay. Un besoin constant de nouveauté? Plutôt une nécessité. «Après mes deux albums solo, qui ont connu un succès plus ou moins grand, je ne pensais jamais pouvoir vivre de ma musique un jour. J’ai dû diversifier mes activités.»

La vent a doucement commencé à tourner pour lui en 2009, avec la parution d’Insides. C’était le premier de ses albums solo qu’il sortait sous la renommée étiquette Domino. Il y proposait un son autrement plus pesant que sur ses deux premiers. Il a continué dans une voie plus sombre avec Immunity. L’album, qu’il a présenté à Mutek une semaine avant sa sortie, et qu’il revient présenter la semaine prochaine, commence par le bruit de clefs insérées dans une serrure, suivi du bruit de portes qui s’ouvrent. Celles de son propre studio. Une entrée dans son monde. Un autre monde. «C’est de là que vient le nom de la première chanson, We Disappear (On disparaît), remarque-t-il. La musique a toujours eu ce pouvoir sur moi. D’aussi loin que je me souvienne, dès que j’en entends, je me sens disparaître en elle. Cela fait des années que j’essaye de déterminer pourquoi elle a cet effet sur les humains. Lorsque j’en joue, je tente toujours de tomber dans un état d’hypnose, en espérant qu’il atteigne ensuite les autres.» Pour se prêter à l’expérience, vous savez où aller…

Jon Hopkins
À la SAT avec Moderat
Le 1er septembre à 22 h

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