Sous le soleil de Metronomy
La grisaille du Royaume-Uni n’a pas sa place dans l’univers lumineux du quatuor britannique.
«Oh! La Maison-Blanche! C’est fou! On ne peut jamais se lasser de la voir en vrai! », nous lance d’emblée le très chaleureux Joseph Mount, chanteur, compositeur et chef d’orchestre du quatuor britannique Metronomy, alors qu’il traverse Washington à bord de son bus de tournée. Au départ un projet solo d’électro-pop assez déjanté, Mount et ses trois acolytes actuels ont choisi des sonorités plus organiques et des mélodies indie-pop accrocheuses pour leur excellent troisième disque, The English Riviera, paru l’an dernier. Après une prestigieuse nomination au Mercury Prize et la consécration planétaire, Mount et ses copains sont de retour en ville.
Récemment, vous avez attribué le succès de The English Riviera au beau temps. Selon cette logique, l’album aurait alors été un flop total sous le ciel couvert de Londres?
Vous avez tout compris! (Rires) Il y a eu une vague d’ensoleillement assez exceptionnelle lors de la sortie du disque l’an dernier, et je crois que c’est notre album qui accompagnait le mieux ces journées lumineuses! Si le climat avait été cauchemardesque, peut-être que nous ne serions pas en Amérique, nous ne nous parlerions pas en ce moment, et je travaillerais dans un café!
The English Riviera, votre album hommage à cette bourgade ensoleillée et paisible de la côte sud de l’Angleterre, serait-il également inspiré de L.A.?
The English Riviera, c’est où j’allais avec ma famille chaque été me ressourcer. Je m’imaginais souvent être dans une région beaucoup plus glamour, comme la Californie! J’ai écrit ses pièces pour évoquer comment je me sentais à l’époque. On dirait que j’ai atteint l’âge d’être nostalgique, et j’ai un peu dédié ces pièces à l’ado que j’étais.
C’est à dire au mec qui sautait dans sa voiture en direction des beach partys, avec du Ace of Base qui jouait à tue-tête, si mes sources sont bonnes?
Ah, exactement! (Rires) C’est le genre de chose de mon adolescence dont je me souviens : des bonnes tounes accrocheuses que je jouais dans la voiture en direction de partys peu courus où j’espérais rencontrer la fille de mes rêves, chose qui n’est jamais arrivée…
Parlant de pop, vous avez toujours vanté les mérites de plusieurs producteurs du genre. À quand remontent vos premiers coups de cœur pop?
Lorsque j’habitais à Brighton, je me souviens encore d’avoir entendu What About Us de Brandy, produite par Rodney Jerkins. À l’époque, je n’écoutais que du Aphex Twin. Et j’étais surpris de constater que c’était vraiment accrocheur… et aussi bon qu’Aphex Twin! (rires) C’est là que j’ai réalisé que les pièces les plus intéressantes se font en pop. Bien que ce ne soit pas toujours de bon goût, c’est fou de voir la vitesse à laquelle le dubstep s’est retrouvé dans un album de Britney Spears, par exemple. C’est étrange, et j’aime ça!
Vous n’étiez autrefois pas très enjoué à l’idée que certains puissent déceler une certaine signature «Metronomy» dans vos compositions. Avec trois albums à votre actif, voyez-vous toujours les choses de la même façon?
Non, pas du tout! Au fil des années, on assume tranquillement, et on reconnaît même avec une certaine fierté que, voulu ou pas, avoir une signature musicale est un grand atout. Et j’aime croire qu’avec l’âge, je deviens un peu plus raffiné dans mes goûts!
Metronomy
Au Métropolis
Dimanche à 20 h